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maladie. Il est rare, quoi qu'on en ait pu dire, qu'au cours de cette période consomptive, le phtysique présente une état cérébral spécial, une sorte d’illusion délirante chronique, qui le fait considérer, comme de jour en jour, en meilleure santé, à mesure que les forces déclinent et que la maladie se précipite.
Cette demi-démence (qui existe en particulier chez les médecins touchés par la tuberculose) est facile à reconnaître, les malades l’affichent pour ainsi dire à tout instant. Elle les amène doucement, sans douleurs, au bord de la tombe, dans un « étui euphorique » invraissemblable, pénible pour leur entourage, très réconfortant pour eux-mêmes qui meurent le sourire sur les lèvres en général. Ce phénomène psychopathique se produit très près de l'issue fatale (Letulle).
Le tableau inverse peut s’observer.
À l'opposé du tuberculeux aimable, le tuberculeux détestable est sombre, triste, irritable, voire mélancolique et pessimiste, soit qu'il souffre de points pleurétiques, soit qu'il digère mal, qu'il ait de l’insuffisance hépatique, ou pour toute autre cause mal connue. |
D'autres tuberculeux sont, dès le début, ou deviennent par la suite des déprimés. Même lorsque les signes d’auscultation sont minimes et le diagnostic incertain, ces malades sentent leurs forces dé-
croître. Déjà on peut constater la pâleur, l’amaigrissement, l’inappétence, l’anémie, la fatigue. Déjà l'intelligence peut marquer de la lassitude par de l’apathie, une grande suggestibilité, de l’aboulie. Toute tension mentale devient de moins en moins prolongée, enfin impossible.
Quand le tuberculeux, arrivé à la période caverneuse, devient phtisique, il rentre dans la catégorie des épuisés, des asthéniques, même s’il était avant hyperexcité. Il devient asthénique au physique et au psychique.
Le poitrinaire apathique, aboulique, est profondément égoïste, comme on observe dans toutes les maladies déprimantes.
L'égoïsme apparaît quand il perd des forces.
S'il l'était déjà à la période prodromique, son exubérance le cachait. Mais l’égoïsme est d'autant plus accentué que le mal est à une période plus avancée, l’altruisme ne peut exister sans un surcroît de forces à dépenser au dehors.
Egoïste, le phtisique l’est jusqu'aux moëlles et, s’il guérit, il le reste jusqu’à son dernier jour.
Il l’est d'autant plus que la maladie est à une période plus avancée, ou qu'elle a enlevé plus rapidement les forces et provoqué une asthénie profonde.
L’altruisme ne peut. exister sans un surcroît de forces, à dépenser au dehors.
Pour finir, bornons-nous à mentionner les neuropsychoses, se produisant chez les tuberculeux prédisposés ou peut-être par neurotropisme de certaines sources bacillaires. D’où des méningismes atténués; on observe des asthénies avec poussées d’excitation, des mélancolies, des démences précoces (A. Marie).