‹ Le rôle économique du port de DunkerqueChapitre 22 sur 45 · ESS · texte numérisé non relu

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Les cotons d'Amérique provenant du Golfe de Mexique et principalement des ports de Galveston, Hourston et Nouvelle-Orléans sont, eux aussi, protégés par une surtaxe d’entrepôt de 180 francs par tonne. Le trafic qui auparavant était l'apanage du Havre, est actuellement souvent détourné sur Dunkerque, surtout pour les cotons destinés aux filatures du Nord, alors que les industriels des Vosges et de l'Alsace continuent à s’approvisionner sur la place du Havre mieux outillée. Dunkerque peut recevoir par an 40.000 tonnes de coton des Etats-Unis et même davantage.

Le coton des Indes qui n’est pas couvert par la surtaxe d’entrepôt abandonne notre port au profit de Gand et d’Anvers et la dévaluation belge n'a fait qu'accentuer ce mouvement.

Mentionnons encore les envois des pays qui, comme le Brésil, le Soudan, le Congo développent la culture du coton; leurs importations par DunkErRQuE s'élèvent à près de 10.000 tonnes.

Le Jute : Les importations par Dunkerque se sont élevées à 173.800 quintaux pour la campagne 1934-35 après avoir atteint 562.793 quintaux en 1928-29. La région de Dunkerque est un centre très important de filature de jute représentant 27 % de ja produclion française. Ce sont les Indes Anglaises qui fournissent notre pays de ce produit, et Dunkerque importe près de 4o % des quantités totales nécessaires à l’industrie nationale.

Le lin : Avant la guerre, le trafic linier de notre port était très important. Sans considérer les arrivages de graines des Indes et d'Argentine qui totalisaient des tonnages exceptionnels, les graines pour semences de lin à fibres provenant de Hollande ou de Russie étaient importées en quantités considérables. En filasse et étoupe, nos arrivages ont été, en 1914, de 22.617 tonnes. La France ne reçoit plus actuellement de la Russie et des Pays-Baltes que 56 % du tonnage des lins qu’elle importait avant la guerre. La diminution de ce trafic vient de la réduction des exportations des Pays-Baltes et de la Russie et surtout du détournement de ce trafic par les ports belges, Gand en particulier, plus près des grandes filatures de la région lilloise. En outre, le groupement aux environs de Gand de la plupart des filatures belges de lin a facilité dans ce port le développement de fortes maisons d’importations qui ont organisé ces dépôts de classement et font des ventes par lots triés qui attirent les filateurs français.

Graines oléagineuses : Importations 1933 : 271.000 tonnes. Par une coïncidence curieuse ce chiffre est identique à celui de 1913, mais les importations d’arachides se sont élevées de 40.000 à 111.000 tonnes, compensées par une diminution des importations de graines de lin; 169.000 tonnes à 134.000 tonnes, et des graines diverses :

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moutarde, pavot, coton. Le développement des arrivages des graines d’arachides provenant du Sénégal tient au développement de la production d'huiles alimentaires dans la région de Dunkerque consécutive à un abandon partiel de la fabrication des huiles industrielles.

Céréales : Importations en 1933 : 316.000 tonnes (1913, 712.000 tonnes). Dunkerque est un port remarquablement outillé pour la manutention des céréales, mais il est peu de trafic qui subisse d’aussi grandes variations. Les importations de froment en particulier sont des plus irrégulières, par suite de la situation spéciale de la France qui se suffit, en principe, à elle-même dans les années normales, et des contingentements ayant complètement faussé le régime des importations. Dunkerque reçoit surtout du blé américain : Argentine et Canada, plutôt que du blé australien ou hindou qui entre en France par Marseille. Par contre, Dunkerque a importé, en 1933, 102.000 tonnes de riz contre 69.000 tonnes en 1913, excédent dû au développement de la consommation du riz depuis la guerre et à l'emploi de la farine de riz comme succédané de la farine de blé pour la panification. Mentionnons encore les importations d’orge (45.000 tonnes) représentant 48 % du chiffre des importations françaises et les importations de seigle provenant de Pologne, d'Allemagne et des Etats-Unis. Le maïs tient le premier rang parmi les céréales avec 125.000 tonnes en 1933 contre 191.000 en 1913. La presque totalité des importations vient de la République Argentine (75 %) suivie

des Etats-Unis (15 %) et de l’Indochine (10 %).

Minerais : Ils occupent une place importante dans le chiffre des importations : 234.000 tonnes en 1933 au lieu de 288.000 en 1913 et 685.000 tonnes en 1929. Les variations sont en étroite corrélation avec l’activité des usines métallurgiques de la région du Nord, Dunkerque important surtout des minerais de manganèse et des minerais de fer.

Plus de la moitié des importations françaises de minerais de manganèse, arrivant à Dunkerque, proviennent surtout des Indes Anglaises, ce produit étant, en effet, indispensable à l’industrie sidérurgique où son emploi se développe chaque jour.

Les importations de minerais de fer se doivent d’être assez faibles dans notre région du Nord qui se trouve assez rapprochée de nos riches gisements de l'Est. Aussi, les importations de Dunkerque n’'atteignent-elles que 89.000 tonnes provenant d'Algérie, Tunisie, de Suède et d’ Espagne; elles n’alimentent que les usines trop peu nombreuses de la région dunkerquoise.

Une diminution très importante s'est produite dans les importations de minerais de zinc qui n'étaient plus que 12.000 tonnes en

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1933, provenant du Mexique et de l'Australie, de nos colonies d’'Indo-Chine, de Tunisie et d'Algérie.

Les nitrates de soude : Importations 1935 : 41.000 tonnes. — Dunkerque eut pendant longtemps un quasi monopole pour les importations françaises de nitrates. Avant la guerre, toute une flotte de voiliers de la Compagnie Bordes faisait le trafic des nitrates du Chili par le Cap Horn et les grands « clippers » apportèrent, en 1900, 239.000 tonnes de nitrates du Chili, alors qu’en 1935, les importations de ce pays n'étaient plus que de 33.000 tonnes. Les autres nitrates importés étaient représentés par des nitrates synthétiques américains, norvégiens ou allemands. Aucune importation de provenance américaine n’a été autorisée au cours de la campagne dernière.

Si l’on tient compte de la production actuelle française de nitrates synthétiques, il est à craindre que les importations de nitrates continuent à diminuer. Dunkerque doit d’ailleurs lutter, non seulement contre la concurrence étrangère, maïs encore contre celle des ports français, tels que Calais, Rouen et Dieppe qui ne recevaient pas de nitrates auparavant et qui s'inscrivent maintenant au nombre des établissements maritimes réceptionnaires de cette marchandise.

Les Bois : Importations : 62.195 tonnes. — Ce chiffre est en diminution par rapport aux années précédentes, le commerce des bois étant de plus en plus difficile et Dunkerque devant supporter la concurrence redoutable du port de Calais. Les principaux fournisseurs furent les pays Scandinaves et Baltes, la Roumanie, la Pologne et l’Amérique. La part des pays coloniaux dans le trafic des bois à Dunkerque est des plus minimes : 5 %.

Charbon : En 1933 : Importations, 82.000 tonnes, — Exportalions, 209.000 tonnes. L'importance du trafic charbonnier dans notre port nécessitera quelques développements; car la position de Dunkerque, situé entre deux grands centres charbonniers, est très intéressante. On remarquera d’abord que Dunkerque est surtout un port exportateur, à la différence de tous les autres ports français, car la France importe annuellement quelque vingt millions de tonnes de houille.

Comme port charbonnier, Dunkerque joue un triple rôle

1° Il pourvoit, comme tout port, au ravitaillement en charbon d'une partie des navires qui le fréquentent:

2° Il assure certains échanges avec l'étranger et, par suite de Sa position entre les bassins houillers anglais et français, effectue, suivant les circonstances, ou bien la réception de charbons anglais

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destinés à la consommation française ou bien l'exportation, soit vers l’Angleterre, soit vers nos colonies des charbons français;

3° Il expédie parfois certains tonnages de ces mêmes charbons à destination des côtes métropolitaines.

En premier lieu, Dunkerque approvisionne les navires en com: bustibles minéraux dans la mesure même qu’impliquent le faible éloignement des ports charbonniers anglais et l'attrait des prix pratiqués dans ces ports. La mission de Dunkerque est modeste et n’a jamais porté sur un tonnage de beaucoup supérieur à 150.000 tonnes par an. Ses provisions de bord, principalement embarquées sur des navires français consistent en houilles crues, 2.000 à 4.000 tonnes d'agglomérés étant seulement d'ordinaire chargés en soutes. Quant à l’origine de ces houilles, elle est pour partie étrangère, c'est-à-dire anglaise, alors que les agglomérés sont de provenance française.

Par sa situation, Dunkerque est un des rares ports français qui soit appelé à remplir simultanément l'office de lieu de réception et de lieu d'expédition. Voici quelques chiffres sur le trafic par Dunkerque :

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