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au rôle, et tous les matins les affréteurs se rendent dans un local officiel et doivent affréter les allèges dans l’ordre où elles sont inscrites. Cette façon de procéder à l’affrètement est inconnue aux ports d'Anvers et de Rotterdam. Comme il n’y a pas toujours un trafic abondant au port de Dunkerque, il arrive que des allèges restent vides pendant quatre à cinq semaines, d’où il résulte qu'au point de vue du fret fluvial notre port est fort cher.
Le port d'Anvers est devenu un très grand centre commercial, en effet, il est un marché très important de denrées coloniales et de nombre d’autres produits. Il a été un des grands marchés du caoutchouc avant guerre, surtout il est le plus grand marché de l’ivoire du monde. C’est un très gros centre d’importations de céréales provenant d'Europe Orientale, d'Argentine, des Indes, d'Australie et principalement des Etats-Unis depuis la guerre, du copal, du bois, du tabac. Anvers est un important marché du coton et une partie des importations françaises passent par ses entrepôts malgré la concurrence du port de Gand pour les cotons américains. Le marché à terme pour les laines a été réorganisé en 1920.
Au point de vue strictement géographique, il est à une distance moindre que DUNKERQUE de tous les centres français à partir de Maubeuge, la différence pouvant atteindre 83 kilomètres pour Nancy situé à 671 kilomètres de Dunkerque et à 588 kilomètres d'Anvers.
Quelques chiffres nous préciseront l'importance des transports d’origine française dans le trafic d'Anvers.
En 1935, sont entrés au port d'Anvers : 11.125 navires pour 22.030.150 tonnes contre 3.018 navires à Dunkerque pour 4 millions 644.556 tonnes. Dans ce trafic les navires allemands entraient pour 26,5 %, le pavillon anglais pour 24, 5 % et le pavillon français pour 8,8 %. Le tonnage des marchandises débarquées fut de 16.157.284 tonnes et celui des marchandises embarquées : 15.475.623 tonnes.
Les chiffres de la navigation intérieure en 1935 (donnés en stères, sont des plus instructifs :