‹ Le Rôle Pathogène des LambliaChapitre 16 sur 23 · PT RU · texte numérisé non relu

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de la crise, il devient incapable de tout effort physique ou intellectuel. I1 n’a jamais eu de fièvre. La diète amène toujours la guérison après cinq ou six jours, mais une purgation avec du sulfate de soude la lui procure le lendemain même. Cependant, cette guérison n’est jamais absolue; le malade demeure, pour ainsi dire, toujours en imminence de diarrhée. Deux semaines, un.mois après, la même crise revient en effet, et il est ainsi exposé à des alternatives de diarrhée et d’amélioration jusqu'aux approches de l’hiver, où tout rentre dans Por dre. Un examen montre dans les selles la présence de Lamblia : le stovarsol les fait disparaïtre et redonne aux selles une apparence dure et moulée. Le malade paraît parfaitement rétabli.

Voici maintenant une observation due à Anglade, qui l'a publiée dans le Centre Médical du 1“ juillet 1924 :

C’est l’histoire d’un soldat qui a fait un séjour de six mois en Orient, sans y avoir été jamais malade. Revenu en France, il doit entrer à l’hôpital pour un syndrôme dysentérique aigu se traduisant par 10 ou 20 selles par jour. La température est à 39° ou 40°. De multiples examens bactérioscopiques pratiqués sur les selles ont montré plusieurs fois de très nombreuses amibes hématophages et une extraordinaire abondance de formes végétatives et kystiques de Lamblia intestinalis. L’émétine, l’arsénobenzol, la pâte de Ravaut, sont prescrits pendant des mois sans résultat. I1 semble, peut-être en raison de la Lambliase concomitante, qu’il s’agisse d’un de ces cas rebelles à toute thérapeutique, jusqu’à ce jour classique. » Ce soldat allait être réformé, quand on eut l’idée de le traiter par le stovarsol : trois semaines après, le malade n’émettait plus qu’une selle moulée par jour, n’avait plus de douleurs, et un examen coproscopique minutieux, maintes fois répété, un tamisage des selles suivant la méthode de Carles et Barthélemy, ne permettent de retrouver ni amibles, ni kystes amibiens; et, fait plus surprenant, ni Lamblies, soit à l’état végétatif, soit à l’état kystique. (Obs. résumée.)

CRTC 1e PE

Enfin, Mr G. Massia (Biologie Médicale, 1924) a eu l’occasion d’observer le cas suivant de lambliose traitée avec succès par le stovarsol :

R... L.., 10 ans : plusieurs maladies antérieures, en particulier nombreuses crises d’acétonémie, pour lesquelles des séjours à Vichy ont été conseillés. Quelques ganglions cervicaux, d’ailleurs non suppurés. L’affection actuelle débute en mai 1923; l’enfant présente surtout des troubles gastro-intestinaux, digestion mauvaise, sans cependant avoir de dysenterie nettement caractérisée. A la suite de ces phénomènes, il existe un peu de dépérissement. L’enfant maigrit et s’affaiblit. Son frère, qui vit dans les mêmes conditions que lui, grandit normalement, alors que le petit malade est faible, peu courageux. Un jour même, il prend une légère diarrhée; et il a de temps à autre un peu de diarrhée. ,

En octobre 1923, il présente un peu de malaise général, avec état saburral et température à 39°, D’ailleurs, à ce moment, on note une crise d’acétonémie; en même temps, il y a des signes hépatiques peu marqués, mais incontestables; teinte subictérique des conjonctives avec un point vésiculaire net; le foie est un peu douloureux, sans être gros. L’enfant a perdu 3 kilogs depuis quatre ou cinq semaines.

L'examen des matières est alors pratiqué; on pensait qu’il pouvait s’agir de gros parasites intestinaux.L’examen ne montre aucun ver et aucun œuf, mais la présence très abondante, dans des matières semblant normales, et pas du tout diarrhéiques, de corpuscules ovalaires assez peu réfringents de 140 à 15 y de long sur 8 à 10 y de large. On pouvait constater des noyaux groupés à une extrémité au nombre de deux à quatre; on pouvait apercevoir assez nettement, dans nombre de ces formations, une sorte de ligne plus foncée, dirigée suivant le grand axe, semblant séparer l’intérieur enr deux portions plus ou moins égales. Il s'agissait de kystes de Lamblia, sans aucun doute, et en nombre assez considérable. Mais on ne voit aucune Lamblia libre ou mobile. L’enfant prend huit comprimés de stovarsol en huit jours, à raison d’un demi par matin et soir. Le médicament est bien sup-

porté. Et, après son administration, le microscope montre des fèces normales. L’état général semble amélioré. Mais il faut dire qu’une amélioration était déjà survenue quelques jours avant l’administration du stovarsol, Puis, l’enfant est envoyé à la montagne, d’où il revient, le 20 fëvrier 1924, bien amélioré. Il a repris du poids. L’examen des matières, pratiqué à ce moment, ne montre aucun kyste. Les Lamblias

semblent avoir définitivement disparu.

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