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IV. L'Influence de la thérapeutique

Une grande quantité de médicaments a été essayée dans le traitement de cette affection particulièrement rebelle. Thérapeutique assez décevante jusqu’à ces derniers temps, mais qui comptait pourtant à son actif quelques succès où au moins quelques améliorations. Réservant pour un chapitre ultérieur la discussion des idées suggérées par de tels faits, nous nous bornerons ici à rapporter quelques cas où “ette action thérapeutique a été assez nette pour renforcer la croyance des auteurs qui l’utilisait, croyance au pouvoir pathogène des Lamblia.

En 1916, Woodcock et Penfold (Brit. Med. Journ., 18 mars) essayent dans un cas de Lambliose, associée à de la dysenterie bacillaire, \un traitement par naphtol £ et salicylate de bismuth. Plusieurs examens pratiqués sur les selles de ce malade (qui resta encore six mois à l’hôpital) restèrent complètement négatifs. Et les auteurs concluent à la guérison.

MM. Cade et Hollande (Bull. Soc. Méd. Hôp. Paris, mars 1918) rapportent les résultats d’un essai de traitement qu’ils ont fait avec le néosalvarsan en injections intraveineuses. Sur trois cas, s'ils n’ont pas obtenu de guérison définitive, ils ont au moins eu une amélioration dans les deux circonstances suivantes :

O8s. I (très résumée) : M... A... 30 ans, soldat, à contracté dysenterie amibienne depuis dix ans en Guyane. Il a présenté, depuis, des troubles intestinaux : 15 selles par jour, dans lesquelles l'analyse montre des Giardias, des Trichocé-

phales, mais! pas d’Entamæba dysenteriæ. Une première série de traitement aboutit à un échec. Puis le traitement au thymol fait disparaître les Trichocéphalés,tandis que les Giardias persistent. À sept jours d'intervalle, on fait trois injections intraveineuses de 0,30 de novarsénobenzol: dès la première injection, amélioration sensible; les Giardias disparaissent; mais des Entamæba dysenteriæ apparaissent. Après les deux injections suivantes, les amibes disparaissent aussi, Mais, un mois et demi après, reparaissent les phénomènes diarrhéiques avec la présence d’amibes et de Giardias.

Os. II (très résumée) : B.. J.., chasseur, 42 ans. Diarrhée dépuis 1917. Les selles renferment de nombreux Giardias sous forme adulte et enkystée. En novembre 1917, le malade reçoit quatre injections de néosalvarsan à une semaine d'in: tervalle (0,30; 0,40; 0,60; 0,75). Après la première, les kystes de Giardia disparaissent mais on note alors la présence d'œufs de Trichocéphales. Après la 3° injection, on ne trouve pas de kystes, mais, après la 4°, on en.note quelques-uns. Il y a de l’amélioration, mais les selles restent anormales comme nombre et comme consistance pendant plus de un mois et demi, sans qu’il y ait de Kystes de Giardia durant ce temps-là.

Le novarsénobenzol a encore été utilisé avec succès, semble-t-il, par Carr et Chandler, qui avaient puisé l’idée de cette méthode dans des expériences de Kofoïd. Celui-ci avait fait disparaître des excréments (chez le rat) les kystes de Giardia par des injections à haute dose de novarsénobenzol. Carr et Chandler ont donc pratiqué sur leur malade des injections intraveineuses; voici le résultat (Journ. of the Americ. Med. Assoc., 17 avril 1920):

Résumé : Chez lun d’eux, deux mois après le traitement, les kystes n’ont pas reparu. C’est un soldat qui, à son arrivée en France, contracte la diarrhée. L’analyse montre des ami-

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bes dysentériques et de nombreux kystes de Lamblia. L’émétine fait disparaître les amibes, mais les flagellés résistent et les symptômes abdominaux ne cèdent pas. Un traitement par le soufre (Carles) amène une diminution légère des kystes, sans amélioration clinique. On fait alors au malade une injection intraveineuse de novarsénobenzol, et très vite les parasites disparaissent des selles, L’état s'améliore. Mais, trois semaines après, une rechute survient. On fait alors trois nouvelles injections de novarsénobenzol, à la même dose, et à cinq jours d’intervalle : les parasites disparaissent, les douleurs cessent et les selles redeviennent normales. Deux mois après, une analyse de selles ne révélait la présence d’aucun parasite libre, d’aucun kyste. La guérison pcut être considérée à peu près comme certaine.

D’après M. Cade (Arch. mal. app. dig., 1920), Le thymol a donné à Deglos trois cas de grosse amélioration. Le salicylate de bismuth (que nous avons déjà vu employé par Woodcock et Penfold), serait, pour Goiffon et J.-Ch. Roux, « souvent efficace à haute dose, mais pas toujours sans inconvénients ».

M. Cade lui-même a obtenu « une amélioration remarquable » par l'acide chlorhydrique (pris à la dose de 1 gramme par jour, pendant une moyenne de 25 jours). Mais ce résultat est resté unique, sur trois cas où le traitement avait été essayé.

Enfin, dans le cours de ces. dernières années, on a trouvé de nouveaux composés arsénicaux à l'actif desquels plusieurs succès ont été notés dans la lambliose. Et, au point de vue qui nous intéresse, les observations suivantes semblent emporter la conviction que le flagellé n’assiste pas en simble spectateur aux longues péripéties qui se déroulent dans les en-

trailles des malades. Lorsque le médicament chasse le parasite, les troubles observés s’en vont en même temps.

Marchoux (Bull. Soc. Path. exotique, mai 1923) dit avoir eu l’occasion d’observer une enfant qui, depuis plusieurs années, était porteur de Lamblia, entraînant des troubles intestinaux périodiques et l’émission de selles diarrhéiques ou tout au moins peu consistantes. L'examen microscopique permettait de rencontrer dans les matières des kystes ovalaires en nombre considérable. Cette enfant (11 ans), pâle et chétive, a pris pendant six jours un comprimé de 0,25 par jour de stovarsol. Les selles sont devenues plus fermes et ne renfer- maient plus de kystes. Revue trent-cinq jours plus tard, l’enfant se sentait plus forte, mangeait mieux, avait pris du poids, alors qu’elle restait stationnaire auparavant. Elle n’émettait plus qu’une selle moulée par jour. Des examens prolongés n’ont pas permis d'y fencontrer un seul kyste de Lamblia. Cependant, par mesure de prudence, elle a été soumise à une nouvelle cure de six jours.

Léon Bernard et Thomas (Bull. Acad. Médecine, 24 juin 1924), donnent l’histoire d’un malade tuberculeux pulmonaire, âgé de 17 ans, et qui souffrait en outre d’entérocolite tenace (douleurs abdominales, coliques, diarrhée). Le microscope montre, dans les selles, des kystes de Lamblia.

Traité par le pneumothorax tout d’abord, pour $es accidents pulmonaires, le malade s’améliora de ce côté et vit sa température redescendre vers la normale. Puis, on lui donna du stovarsol, qui fit disparaître à la fois la diarrhée et les kystes de Lamblia (à noter que toutes les recherches faites dans les selles pour décéler le bacille de Koch étaient restées sans résultat). Cette disparition à persisté. (Observation très

résumée.) ;

MM. Ch. Garin et P. Lépine (Presse Médicale, 12 no-. vembre 1924) signalent les bons effets de l’acétylarsan : « Les Lamblias sont très sensibles à l’acétylarsan et disparaissent dès le lendemain de la première injection ».

Ch. Coffart (Journal des Praticiens, 14 juin 1924) a vu les deux cas suivants :

Oss. I (très résumée) : Une foiine de 40 ans, d’antécédents pathologiques nuls, souffre de violentes crises névralgiques du plexus solaire, longtemps inexpliquées, malgré de multiples examens. En fin de compte, un examen des selles au point de vue parasitaire montre des kystes de Lamblia très abondants. De février à octobre, l’auteur essaie, sans résultat bien net, un traitement où alternent véronidia, bismuth et soufre : les kystes persistent avec des périodes où leur nombre augmente ou diminue. « Du reste, dit-il, le seul examen clinique me permettait de suivre la multiplication des parasites, car le cycle était toujours identique, commençant par une Constipation tenace, pour aboutir à des névralgies violentes. » Fin octovre 1923, la malade commence un traitement par le stovarsol (2 comprimés par jour pendant quinze jours; puis 1 comprimé pendant les jours suivants, et enfin un demicomprimé pendant un mois). Dès le début, la constipation cesse et fait même place, au bout de quelques jours, à une diarrhée légère. Il n’y a plus de ballonnement, les douleurs qui siégeaient au niveau de l’estomac et dans tout le côté droit de l’abdomen disparaissent aussi. On note, le 24 février 1924 : selles matinales régulières, plus aucune algie; la malade mange n’importe quoi, sans inconvénient. Et l’analyse des selles montre l’absence des Lamblias. Le 20 avril 1924, la guérison se maintenait.

Os, II (très résumée) : « Jeune fille de 20 ans, sans antécédents pathologiques. En juillet 1923, on demande une analyse de ses selles, à cause d’une constipation tenace et de

phénomènes dyspeptiques qui n’avaient jamais été observés jusque-là : cette analyse révèle la présence de kystes de Lamblia assez abondants. On essaie un traitement par le bismuth et le soufre, sans résultat. Le traitement par le stovarsol, commencé en octobre 1923, eut, non sans peine, raison des phénomènes observés, »

Mais ce que nous voulons surtout noter, c’est que, à des recrudescences dans l’irrégularité des selles, le ballonnement, les phénomènes dyspeptiques et les douleurs dans le flanc droit correspondaient des examens de selles dont la réponse était : kystes de Lamblia abondants. De même, au début de mars, lorsque les symptômes s’améliorent progressivement, le microsccpe montre la disparition du parasite.

L'observation suivante, donnée par B. Saad, dans le numéro 27 de la Biologie Médicale (sept. 1924), est intéressante, autant au point de vue symptomatologique qu’au point de vue thérapeutique ; alors que chez les deux malades précédentes, les symptômes dominants étaient la constipation et les douleurs solaires, l’histoire de celui-ci se rapproche du tableau que nous avons vu rapporté chez la plupart des lambliens : diarrhée et surtout diarrhée chronique. Voici cette

observation très résumée :

Un habitant de Beyrouth, exerçant une profession libérale, est atteint depuis cinq ans de crises diarrhéiques, uniquement estivales, et survenant à l’occasion d’un écart de régime, d’un refroidissement. Il présente quatre à six selles par jour, molles, pâteuses, luisantèés de mucus; ensuite muqueuses et liquides. Il est pris de ténesmes et d’épreintes le plus souvent ‘légers, mais quelquefois très fort. Il n’a rendu qu’une seule

fois des selles sanguinolentes, Faible et déprimé au moment

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