‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 29 sur 84 · LK PKCHK ORIGINEL ET LA GRACE · texte numérisé non relu

LK PKCHK ORIGINEL ET LA GRACE

ne peut renaître que par Teau et i'huile du haptemc ^ : véritable regénération qui rend tous les chrétiens, vieux ou jeunes, tels que des enfants, purifiés de la lèpre du péché originel et actuel \ La nécessité du baptême est absolue. Les enfants qui meurent avant de le recevoir sont damnés. Nous avons déjà trouvé dans l'opuscule de Césaire cette conséquence du système augustinien. Elle reparaît dans un sermon. Mai a publié la forme originale de ce discours, prononcé probablement en Afrique par un évèque dans la première moitié du v® siècle. Suivant sa coutume, Césaire s en est approprié de larges extraits •^. La peinture des malheurs de l'Afrique devient sur ses lèvres celles du siège qu'Arles dut supporter de 508 à 510. Il empruntée son modèle le passage suivant. Comme il le fait sien, on ne peut douter que ce moiceau ne reflète sa doctrine : « Les yeux manquent de larmes à qui considère non seulement la mort des corps, mais celle des âmes. Chrétien, nous parlons à des chrétiens. Nous savons que, dans cette désolation, beaucoup ont été enlevés de cette

in uero Samson Christo, antequain crucifîgeretur, pauci crediderint; postquam uero mortem pro humano g"enere suscepit, in uniuerso mundo errorem infidelitatis exstinxil et innumerabiles sibi populorum multitudines per doctrinam saluliferani subiugauit. » Sermon publié pardom Morin, Rev. hén., XVI (1899), p. 304, 1. 104.

1. « Omnesquiad salutare baptisniuni conseciuendum KcclesiaeoiFeruntur et chrisma et oleuni benedictionis accipiunt, ut iani non uasa uacua, sed Deo plena et templum Dei esse mereantur. » App.^ i'2, '2; col. 18-28. Voy. aussi App. 35, 1 et 4 ; col. 1814.

2. (( Nostis enim quia omnes qui baptizantur, siue senes sunt siue iuuenes, omnes tamen infantes nascuntur... Qui l'aclus est peccalis ueteribus senex et multis iniquitatum maculis uelut lepra pcrfusus gratia baptismi ita renouatur ut in eo nec ori«,nnalis nec actualis lepra peccati remaneat. » App., 44,5; col. 1831. Cf. Sdifuta, plus haut, p. 43, ï; 14, et /!/)/>., 24, l,col. 1791-1792.

3. C'est le sermon 298 de l'appendice aug^ustinien. L'orif,'ine des développements a été reconnue pardom G. Morin, dans \aBevue hén.^ XVI (1899), p. 257.

yiè sans avoir reçu le sacrement ,de baptême et ont été abandonnés parmi les vases de colère ^. »

Sur les différentes phases dç la vie du chrétien converti, Césaire est d'accord avec saint Augustin. 11 n'y fait aucune place à un mérite propre à l'homme. Partout la grâce nieut sa volonté et la soutient, et tout d'abord à l'origine même de la vie chrétienne. On sait que, d'après Fauste, «dans le combat spirituel, l'attaque appartient au travail de l'homme comme l'événement appartient à Dieu 2. » Pour Césaire, la grâce est un pur don gratuit, que n'a précédé aucun mérite de l'homme ^. Cette formule augustinienne ^^ nullis praeçedentihus meritis^ revient souvent dans l'œuvre de Césaire ; dans son opuscule sur la grâce, elle y est déjà deux fois, malgré la brièveté de l'ouvrage -. On la retrouve dans ses sermons ^\ Si Naaman ne peut

1. <:( Defîciunt flendo oculi eorum qui considérant non solum mortes corporum, ueruni etiam animarum. Ghrisliani christianis loquimur. Multos cog"nouimus in ista uastatione sine sacramentobaptismi ex ipsa uita fuisse ereptos atque inter uasa irae relictos. » Mai, Noua Patrum bibliotheca.i. I, p. 279; sermon GGXXI, 5-6. Cf. App., 298, 2; col. 2316. Je préfère le texte de Mai, bien qu'il y ait des chances pour que Césaire ait modifié son modèle. Mais le commencement de la citation ne me paraît pas intellig"ible dans la rédaction des Mauristes. — L'expression iiasa irae est en quelque sorte technique dans le système d'Aug^ustin ; voy. De corr. et gratia^ ix, 25, P. L., t. XLIV, col. 931 ; Epist. CXC, ni, 9-12, P L., t. XXXIII, col. 860; Epist. CXCIV, vi,30, ib., col. 884; etc.

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