LES MOYENS DE SANCTIFICATION
rer que T^glise reprit aujourcriiui celle tradilioii el imposât aux chrétiens de maintenant de lonnrues abstinences de vin et d'alcool. Mais Césaire admet des tempéraments, même pour le vin. « Que celui qui fait pénitence ne prenne pas de vin, si sa santé le permet ; s'il ne le peut à cause de Tàge ou des soullrances de l'estomac, qu'il entende Tapôtre lui dire : « Use d'un peu de vin à cause de ton « estomac • ». Césaire a les mêmes scrupules quancF il s'agit des jeunes de l'Eglise, le jeûne des calendes de janvier ou celui du carême '^ ; il classe les manquements à ces jeûnes parmi les péchés « menus -^ ». Il a encore ces égards dans un cas plus surprenant, où ses idées particulières et la nature même du danger semblaient devoir le rendre inflexible. Aux gens mariés qui ne savent se contenir, il recommande des jeûnes fréquents; mais il ajoute : « Si la faiblesse de ton corps ne le défend pas '*. » Ces restrictions peuvent nous faire sourire : on croit entendre un de nos plus modernes directeurs de conscience aidant les pas chancelants de quelque dégénéré. Elles ajoutent un trait, non le moins aimable, à la physionomie de Césaire.
Elles montrent aussi que cet homme, dont l'amour de la règle nous a paru quelquefois rétrécir l'esprit, n'avait cependant pas la superstition des pratiques définies. (( Jeûner est bien ; mieux est de donner l'aumône. Le
1. « Vinum, si permittit infirmitas, non accipiat ; si uero hoc propter senectutem uel propler dolorem stomachi non potest, audiat apostoliim dicentem (/ 7Vm., v, 23) : Vino modicn iiferc propler .sfomachum luuni. » App.^ '261, 3 ; col. 2229.
2. « l^.xceptis illis qui prae infirmilate abslinere non praeualenL, omnes... ieiunemus ». App., 130, 3, col. 2()04; sur le jeûne des calendes de janvier. Pour le jeûne du carême, il trace toute une rè^de de conduite à celui qui ieiuiuire non praeualet ; App., 1 i2, I ; col. 2022.