HÉRAULT DE SÉCIIELLES MENACÉ
En s'éloignant de Paris pour obéir aux ordres de la Convention, Hérault de Séchelles n'ignorait pas qu'il y laissait des ennemis acharnés à sa perte. A leur tête figuraient Robespierre et Saint-Just, qu'offusquaient sa popularité, son luxe, son élégance, ses liaisons avec d'Espagnac, Proly, Dubuisson, Pereyra et autres suspects arrêtés déjà ou à la veille de l'être.
Au sein même du Comité de Salut public, il avait saisi maints témoignages de cette malveillance qui transperçait, encore qu'elle voulût se dissimuler, dans l'attitude défiante de quelquesuns de ses collègues. Lorsque Proly avait été
186 LE liOMAN d'un CONVENTIONNEL.
décrété d'arrestation, Hérault avait protesté, plaidé, avec des larmes et vainement, la cause de ce compagnon de ses plaisirs. Son attitude avait paru surprendre ceux qui en étaient témoins. Dans ces faits, il pouvait lire son propre destin. Il était donc parti contre son gré et brûlait du désir d'être rappelé à la Convention avec l'espoir de déjouer par sa présence les intrigues nouées contre lui.
11 semble qu'à ce moment, il ait voulu, en donnant à ses paroles et à ses actes un caractère révolutionnaire plus accusé, démontrer l'injustice des soupçons dont il était l'objet. Pas plus à cette époque qu'à aucune autre de sa vie, on ne relève à sa charge ces traits de cruauté froide dont quelques-uns de ses émules ont été prodigues et nulle part dans les documents officiels, on ne retrouve la phrase abominable que lui attribue un de ses biographes', comme extrait d'une lettre adressée à la Convention au cours de sa mission dans le Haut-Rhin : « J'ai dressé quelques guillotines sur ma roule et je vois qu'elles ont produit un excellent etlct. » Mais combien d'autres propos démontrent que s'il n'a pas dressé des guillotines, il a