‹ Le Roman d'un conventionnelChapitre 23 sur 37 · HÉRAULT DE SÉCHELLES MENACÉ · texte numérisé non relu

HÉRAULT DE SÉCHELLES MENACÉ

vite révolutionnaire, le place sous la surveillance du peuple, un tribunal révolutionnaire « qui mettra le pays à la raison ». Il supprime aux façades des maisons les images de la Vierge et des saints, les croix dans les cimetières, « signes de superstition qui souillent les regards de l'homme libre », Il suspend les passeports, multiplie les visites domiciliaires, pourchasse les suspects dans les campagnes comme dans les villes. 11 organise en un mot « le mouvement de terreur qui seul pouvait consolider la République ».

Enfin pour couronner son œuvre, il fait célébrer dans la cathédrale de Colmar « une fête simple et grave ». Au sommet d'une montagne « emblème de la République », couronnée par la flamme « emblème de l'Intelligence », une femme était assise, figurant la Raison que célébrèrent du haut de la chaire les représentants de la Convention. « Le peuple chanta la liberté, et le reste du jour consacré à l'égalité fut égayé parle bonheur de se retrouver et de s'entretenir fraternellement. » Une fête pareille fut ordonnée dans toutes les villes d'Alsace.

Le 5 décembre, la Convention prit connaissance du rapport dans lequel Hérault de Séchelles énumérait ces mesures et se félicitait

d'avoir, en peu de jours, transformé le déparlemcnt du Haul-Rhin. Mais, déjà l'orage qui depuis longtemps se formait sur sa tête avait fait entendre ses premiers grondements. Un membre do la Convention, Bourdon (de l'Oise), à l'appui d'un projet de loi tendant à exclure du Comité de salut public les prêtres et les nobles qui en faisaient partie, s'était écrié le 16 novembre : « Je vous dénonce le ci-devant avocat général, le ci-devant noble Hérault de Séchelles, membre du Comité de salut public et maintenant commissaire à l'armée du Rhin pour ses liaisons avec Pereyra, Dubuisson et Proly ».

L'Assemblée avait frémi en entendant accuser un de ses membres les plus populaires, et dans le silence d'effarement qui suivit l'accusation, Hérault de Séchelles ne trouva que deux défenseurs. Son collègue BentaboUe fit timidement remarquer que Lepelletier Saint-Fargeau « avait siégé comme Hérault dans le ci-devant Parlement et qu'il n'en avait pas moins mérité le Panthéon ».

Couthon prit aussi la parole pour déclarer qu'il ne serait pas juste de condamner Hérault sans l'avoir entendu :

w J'ignore s'il a des liaisons avec des personnes suspectes. Je l'ai connu au Comité de salut public et je ne me suis jamais aperçu qu'il

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