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“ Et je pars!..,. Ah! vous ne savez pas ce que je souffre, et mon:
cœur est si déchiré que je ne puis vous revoir... . Et près de vous quitter,
un mirage doux et trompeur me présente le tableau de ce qui aurait pu .
, être... Une heureuse vie intime, votre gaieté inspirant mon courage,
votre douce-main façonnant ma rude nature pour la rendre plus digne devous.... Car vous ne savez pas cé:qu’une femme aimante peut faire de:
l'homme qui lui a voué ss vie. Je ferme les yeux ; je vous vois m’accompagnant parfois dans mes courses, m’aidant à soigner les pauvres et
caressant les petits enfants. Je vous vois m'ouvrant le trésor de vos. pensées, où vous ne m'avez laissé jeter qu’un regard furtif.... Mais non,
je ne puis penser à ce bonheur, qui n’était pas fait pour moi. Et cepen-
dant, Charlotte, un cœur dévoué est quelque chose de sacré, et il était
digne de vous-de rendre heureux. ... même l’humble médecin de camne...,
‘ J'ai quelque chose à vous demander ; ne passez pas chez votre frère:
. Je temps de mon absence. Vous, si jeune et si joli, vous ne devez pas,
sans l'égide d'un mari, vivre dans les fêtes et les spectacles: vous êtes. bonne et pure, mais le monde est méchant, et son souffle ne doit même:
pas vous effleurer. Il y a à Paris des couvents où les femmes de votre âge trouvent un asile et jouissent d’une entière liberté. ... Je vous en
indiquerai, et vous choisirez celui qu’ilivous plaira. Vous irez souvent chez.
votre frère, et vous m’attendrez en m’écrivant quelquefois, ‘{ Si je ne reviens pas.... conservez mon souvenir comme celui de votre plus fidèle ami. Dites-vous que votre pensée aura adouci mon dernier souffle ; et si un jour.... car vous êtes bien jeune!..., un honnête homme demandait votre main, acceptez-le sans remords, ‘et soyez heureuse. ‘ Quand vous recevrez cette lettre, je serai bien près de partir ; il ne sera plus temps de revenir sur ma décision, mon engagement sera signé. Mais écrive-moi un mot d'adieu, et dites-moi que vous suivrez mes conseils et que vous prierez pour moi.... Et votre nom aussi s:ra
rononcé chaque fois que mon cœur s’élèvera vers Dieu. Peut-être nn .
Jour sa Providence nous rendra-telle heureux l’un par l'autre... C’est à Jai que je vous confie, ma bien-aimée, Adieu, Adieu !....
Charlotte l'it cette lettre jusqu’à la dernière ligne, puis elle promena autour d'elle un regard égaré, comme si élie eût demandé aux murs mêmes. . de cette chambre de lui révéler les dernières pensées qui avaient, torturé:
: l'âme d'Edouard quand il s'était résolu à partir. . . C'était donc là le cœur qu’elle avait dédaigné, dont elle avait accepté la tendresse avec indifférence ! Et: maintenant il était trop tard, et elle n’arriverait que pour lui dire: adieu... Ah ! elle partirait avec lui !... Comme elle avait été coupable ! Comme elle avait méconnu à la fois son devoir et son bonheur, ces deux choses qui se tiennent ici-bas plus souvent qu’on ne veut le reconnaître ..….
Elle s’agenouilla'à cette place même où son mari avait consolé tant de. douleurs et soulagé tant de maux dans l'exercice de sa noble profession, et: elle.pria comme elle n’avait peut-être pas prié depuis la mort de sa mère. Puis elle se releva, fiévreuse, pour commencer les apprêts de son départ.
Mais, ébranlée par tant d'émotions, il lui sembla que la chambre tournait. “autour d'elle, et que des ombres passaient devant ses yeux. Et Louison,
entendant un bruit sourd au-dessus de sa tête, monta en toute hâte, et : trouva.sa jeune maîtresse étendue sans connaissance sur le plancher.
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Les premières violettes percent timidement ] bourgeonnent, et des rayons Prillants traversent les giboulées, comme des sourires viennent, dans la jeunesse, se mêler avec les larmes. . C’est, en effet, la jeunesse de l’année ; je ne sais quel souffle vivifiant anime et réjouit
l'aspect encore dépouillé de la CaMpPagne ; quelques retours que s’efforce de faire l'hiver en versant encore des
gelées perfides les cham
qu'elle a subies, à mis sa vie presque en qu’elle est entrée en convalescence, et que le doc
Le docteur !,., Un étranger... Ce n'est Pas SOn mari qui l’a soignée : en ce moment, il est en mer, et c’est la nouvelle de son brusque départ, — départ plus prompt qu'il ne le croyait lui-même, qui a porté le dernier coup à Charlotte, et qui l'a jetée, sans forces, sur un lit de douleurs.
Tout Givray commente les événements domestiques qui se sont acconplis chez Edouard Denans. Les clairvoyants ne s'y sont pas trompés ;. ce
e, qui ont pu éloigner de ssé, Non, non; mais tte jolie femme dédaigneuse, n'avait guère jamais dû lui
Ce voyage à Paris, qu'elle.
n'était-il pas le prélude d’une
qui se drapait pour ainsi dire dans sa tristesse, faire connaître les joies domestiques, Qui sait ? avait fait au moment du départ du docteur, séparation à l'amiable, convenue entre eux ?
Et les commentaires se multipliaient.
qui s6 passait, quelque chose d’inexplicable.
La vieille cuisinière, interrogée, avait répondu en pleurant, aux questions qui lui étaient adres
revenue pour empêcher Monsieur de partir, mais que Île navire avait mis À la voile pour profiter du bon vent, et que le
trop tard.
Toutes les dames de Givray étaient venues offtir leurs services à ja
inalade, les unes, dans un. but de curiosité, les autres.par pure obligeance j mais per.onne n’avait été admis près d'elle, excepté le curé et l’une des sœurs de l’hôpital, cette même religieuse qui avait veillé avec elle près du
= À, corps de sa mère, et ni le prêtre, ni sœur Amable ne se montraient disposés à satisfaire les curieux. FR
Il y avait quelque temps que la jeune femme était levé et qu’elle :
s’abandonnait à ce bien-être de la convalescence, lorsque Louison entra. . Charlotte tressaillit et ouvrit les yeux.
— Des nouvelles, Louison ? à :
— Non, Madame, répondit la vieille femme avec douceur. Vous save bien que vous ne pouvez pas en recevoir encore. Mais M. le curé m'a expliqué que si, par une heureuse chance, le bâtiment relâche à Madère (et ils y relâchent presque tous), Monsieur trouvera votre télégramme et arrivera par le premier paquebot. ,
— S'il le peut! Si cet engagement peut être rompu! murmura la
jeune femme en frissonnant. |
— Puisque M. le curé lui disait que vous êtes malade ! Pensez, Ma dame, que cet ingénieur est son ami !
..— Mais si l’on ne peut se passer de lui!
— Alors, nous attendrons, et une fois en Amérique, on lui trouvera un remplaçant. Ne vous agitez pas ainsi, Madame ! Que dira mon maître en vous voyant si pâle, si changée? Bien sûr, il croira que je ne vous ai pas bien soignée.
— Pauvre Louison! Combien vous avez été dévouée !... Mais on
: frappe... Vous savez, je ne veux recevoir personne.
Louison était descendue aussi vite que le lui permettaient ses vieilles Jambes, et Charlotte entendit une voix d'enfant. Avec cette curiosité qui, chez les malades désaccoutumés d'événements extérieurs, s'attache aux plus minces incidents domestiques, elle tira le cordon de la sonnette.
— Qui est là, Louison ?
— Madame, c’est la petite d'en face qui vient demander de vos nouvelles, et qui a cueilli pour vous une douzaine de primevères, l’innocente !
— Des primevères ! Quoi ! fleurissent-elies déjà? Oh! Louison, je veux les avoir ! Et dites à cette enfant de monter, je vous prie. |
‘Quelques instants après, une petite fille de huit à dix ans, à la mine éveillée, faisait timidement son.entrée dans la chambre.
— Donnez-moi votre bouquet ! Comme ces premières fleurs sont jolies ! s'écria Charlotte, s'emparant des primevères d’un blanc laiteux, entourées de feuilles de lierre d’un vert sombre. Comme elles sentent bon!
— Oh! non, Madame, elles n'ont guère d’odeur, dit l'enfant qui s'ef- ‘forçait de dominer sa timidité. Si vous respiriez seulement la giroflée qui commence à fleurir sur la fenêtre de grand'mère !
-— Et où demeure-t-elle, votre grand’mère? demanda la jeune femme lui faisant signe de s'asseoir sur un tabouret, près du feu.
L'enfant présenta ses petites mains bleuies à la flamme, et se mit à son aise. ‘
: + Nous demeurons justé en face ‘de Madame. Nous sommes les pauvres gens à qui vous avez envoyé, il y a un an à Noël, un si bon diner.
Chaïlotte se rappela, non sans remords, qu’elle avait oublié ses malheureux ÿoisins.
— Quel dîner ! reprit l'enfant avec admiration, Grand’mère, qui à été autrefois une grande cuisinière, nous disait le nom des sauces; mes frères
plus le courage de quitter ma femme ! ”
et moi, nous aïmions bien les gâteaux et les jolis bonbons de toutes les couleurs... Et depuis, Madame, comme vous avez été bonne! M. le docteur venait toutes les semaines. “ Voici pour mettre le pot-au-feu, la mère”, qu’il disait, “c’est de la part de ma femme.” Et puis, c'était le’ terme qu'il payait, et un jupon chaud pour Martine; et un habillement complet pour le petit Jacques. Moi, il me paie mes mois d'école , . . Et quand on le remercie : “ Non, non, c'est ma femme qui s’est intéressée à vous,” Ah ! les pauvres gens de Givray vous connaissent bien, Madame !
Charlotte fondit en larmes. Son mari avait donc pris soin de la faire aimer, ét avait associé à son nom toutes ses aumônes !
La petite fille, interdite, la regardait sans rien dire.
—Je pleure parce que mon mari est en mer, dit enfin. la jeune femme. Voulez-vous prier pour lui, afin qu’il revienne bien vite ?
— De tont mon cœur, Madame ! Je savais bien qu'il reviendrait, et j'ai bien hâte de le revoir!
Charlotte fit goûter la petite fille, chargea Louison de remplir peur elle un panier de vin, de gâteaux et de chocolat, et fit” placer les primevères dans un porte-bouquet,
— Ma première sortie sera pour cette famille, se dit-elle. Que de bien j'ai négligé ! De combien de jouissances jo me suis privée! Ces pauvres gens ont été si heureux d'une simple attention de ma part ! Je m'occuperai d’eux désormais, ét je chercherai à mériter ce qu'ils pensent de moi.
Quelques jours s'écoulèrent. Les forces revenaient lentement à Charlotte, car elle était dévorée d'angoisse. Son mari aurait-il reçu l’appel de son vieil ami le curé? Pourrait-il revenir ? Ah ! sil le fallait, elle le rejoindrait en Amérique ; maintenant, chaque minute qui s’écoulait lui semblait dérobée au bonheur d'Edouard . .. et au sien.
Les arbres commençaient à verdir, les haies se couvraïent de fleurs printaniêres. ... Un soir, ie euré vint frapper à la porte de Charlotte, son visage était rayonnant.
— J'ai une bonne nouvelle, dit-il, mais soyez calme pour l’entendre.
— Ab ! mon mari revient ! s’écria-t-elle, joignant les mains.
Et le bon prêtre, essuyant une larme de joie, déplia devant elie un télégramme. ... L'attente n’était plus qn’une affaire de jours.
nr osseuse oo ssdisossesssieese Sosresoretor er ee sonner sr ere
La dépêche qui le rappelait près de sa femme avait précédé Edouard a Madère.
Les relâche sont un événement joyeux dans la vie monotoné du bord. En toute autre circonstance, le docteur eût senti comme les autres son cœur battre de plaisir en entendant crier : “Terre ! ” et en voyant se profiler sur l’immensité de l'océan fles montagnes bleuâtres et le pic Ruivo, encore à demi perdus dans la brume. Mais il ne pouvait se familiariser avec son sort. Parti si promptement qu’il n'avait pu recevoir l’udieu de sa femme et ses vœux pour son voyage, il avait souffert des anxiétés cruelles, : des indécisions suprêmes, et avait été vingt fois, jusqu'au moment où le navire avait levé l'ancre, sur le point de courir à son ami Daniel et de lui dire : ‘“Ronds-moi ma parole! J'ai trop présumé de mes forces, je n'ai
ie | 84 LE ROMAN D'UN MÉDECIN DE. CAMPAGNE
Mais il avait étouffé dans sa poitrine ce cri dé‘désespoir, et il se tenait À l'écart, sombre et silencieux, fuyant avec 1x même impatience douloureuse les causeries amicales de l'ingénieur et l’empressement du jeune officier de
santé du bord. Les ouvriers, réunis en gro"pe sur le pont, secouant la tête
en le voyant arpénter l’étroit espace, et se disaient entre eux : “ Bien sûr, c'est quelque chagrin qui a forcé cet howme-là à sex Patrier ; ce n’est pas lui qui nous égare là-bas ! ” ea ne
Un jour, une jeune femme lui demanda de venir voir son enfant, atteint d'une légère indispositien. Il descendit aussitôt dans le poste en toile qu’elle partageait avec ses compagnes, et se montra si bon, si pa-
«tient, racontant au petit malade une si belle histoire, que tout émue, la jeune mère s’écria : |
— Ah ! Monsieur le docteur, bien sûr, vous avez une famille et vous êtes triste de l'avoir quittée !
Les yeux d'Edouard se remplirent de larmes, et il répondit à voix “basse :
— J'ai une femme encore plus jeune que vous, et que j'aime tendrement.... Priez Dieu que je la revoie un Jour !
Le navire devait relâcher à Madère. Les colons se réjouissaient à l’idée de descendre à terre, sur ce bon plancher des vaches ; les femmes et les enfants ouvraient de grands yeux eh entendant les descriptions des matelots.: Ce premier aperçu des contrées méridionales devait les éblouig en effet, et le docteur lui-même, si triste qu’il fût, éprouva une sorte de bien-être à sentir la brise parfumée qui caressait son visage après avoir passé à travers les géraniums et. les orangers. Il prit un cheval et un guide, parcourut la Campagne, cheminant à travers les treilles, et admirant les belles plantes tropicales que fait épanouir la douceur du climat, Mais il retourna à bord avant les autres ; la solitude lui devenait nécessaire, et son entrain semblait s'être évanoui. |
: — Cinq ans !'se répétait-il avec un sentiment d'angoisse toujours plus cruelle, cinq ans sans la revoir ! Désire-t-elle seulement mon retour ?
Comme il était appuyé contre les bastingage, rêveur et triste, le bruit des avirons qui frappait l’eau en cadence et aussi des cris joyeux lui firent tourner la tête ; les Passagers revenaient à bord, chargés de fleurs, de brançhes vertes, de régimes de bananes. Un instant après, le canot aborda : le navire, et l'ingénieur, gravissant le premier l'échelle, vint frapper sur
l'épaule de son ami.
— Attendais-tu des nouvelles à Madère ? lui demanda-t-il, le regardant avec attention.
. —Non.... Comment aurais-je pu en attendre ?
-— J'ai quelque chose pour toi...,
Il montrait une enveloppe; Edouard s’en empara, puis devint pâle comme la mort,
— Viens dans ma cabine, dit, Daniel, l’entraînant vivement ; si c’est une bonne nouvelle, nous nous en réjouirons à deux ; si.... Mais je ne yeux pas même penser qu’un chagrin puisse t'attaiedes
Le docteur entra, tout tremblant, dans l’étroite cabine de l'ingénieur, et déchira le papier , .:. Une sueur froide perlait sur ses tempes,
PE + bp be pet
Il lut d’abord la signature du curé de Givray, puis ces lignes forcément abrégées :
“ Votre femme terriblement affligée. Si possible, revenez.”
Chacun sait ce qu'a de cruel ce style bref des télégrammes.
Celui-ci pouvait rendre le docteur le plus heureux ‘des hommes ou remplir son €œur des plus terribles inquiétudes. Pourquoi ce mot de rappel venait-il du curé? Charlotte était-elle malade? Ou bien son vieil ami n’avait-il pas voulu lui i aposer l'angoisse de l’incertitude en la tenant au courant de sa démarche?.... Revenir! .. Mais était-ce possible? Sa parole ne le liait-elle pas pour cinq ans? Cinq années d'absence, alors que sa femme le pleurait et l'appelait !
Le docteur cacha sa tête dans ses mains, et éclata en sanglot convulsifs.
— Edouard, qu'y a-t-il ? s’écria Daniel, inquict.
Mais il ne reçut pas de réponse, et prit le papier des mains crispées de son ami... Il y avait là, évidemment, quelque drame poignant ; n'avait. il pas remarqué avec surprise à quel point l’humeur-de son ancien compagnon était changée ?
— Voyons, reprit-il affectueusement, dis-moi ce qui te fait souffrir Peut-être Pourrions-nous remédier à ce qui t’afflige ..,
Et Edouard, cédant à cette sympathie vraie, dont les soucis et: les travaux n'avaient pas tari la source dans le cœur de Daniel, raconta son roman: ses rêves, ses espérances, ses déceptions douloureuses, sa brusque détermination, et, enfin, ses regrets amers.
L’'ingénieur se leva, et lui frappa cordialement sur l'épaule,
— Edouard, mon vieux camarade, je me réjovissais de passer avec toi les premiers temps de mon exil... Mais il était dé que je devais avoir un médecin américain, et après tout cela vaut peut-être mieux Fais tes paquets, et descend à terre .. , Tu rotourneras en France par le premier paquebot ; héureusement il y à à bord un officier de santé! ... J espère que tu sera heureux, et que tu n'oubliera pas ton pauvre Daniel qui, lui, n’a pas pris le temps de songer à son bonheur,
AA A REC MANIP ee Pa
Trois jours après, Edouard retournait vers le nid déserté.... Plug vite, plus vite!.... Oh! combien la vapeur est moins rapide que l'angoisse n'est prompte à torturer un cœur ! Aussi pourquoi était-il perti® Ne pouvait-il souffrir en silence ? Avait:il le droit d'abandonner la jeune femms qu'il aimait si tendrement ?.. Fu |
Enfin, ce voyage, ce supplice touche à son terme. . Voici la France: .
Voici les riantes campagnes de la Touraine. que le printemps pare de son gracieux éclat, voici les environs familiers de sa petite ville natale : voici li gure, et le vicux Trilby qui hennit de joie en reconnaissant son Maitre ..,
Lovison, riant et pleurarit à la fois, ouvre la porte. . … | Et sur le seuil du vieux salon, rempli de belles plantes vertes et de fleurs fraiche-
ment cueillies, eJ/e est 1à, sa femme bien-aimée, encore péle et touchente, le visage radieux d'une sx DrbeS
2 Qu'il ne lui à jainuis comme... fl né peut parler, inais il tend lés bras, et elle sanglote sur son cœur,
— Oh ! je ne savais P&s, non, jé ne savais pas combien je puis être heureuse,
Fate \, : # |
LE ROMAN D'UN MÉDECIN Da CAMPAGNE Il éloigne un pen de lui peur la regarder, doutant encore, se disant‘ : que dans quelques jours, peut-être, elle rêvera d’autres scènes, d’autres : joies. Et elle devine ce qui se passe en jui : désormais elle comprendra‘ + jusqu'au muet langage de ses yeux.
— Non, non, nous ne nous quitterons plus..., Et... 6 mon cher : Edouard, je serai fière de vous ! ï
ÿ : XV Lettre d'Arabela à Gaston.
Ne Givray, 10 septembre 18....
“# Non, je ne m’ennuie pas chez votre sœur, mon cher Gaston. J'ai : hâte de vous revoir; mais ne Pressez pas vos affaires uniquement pour «. abréger mon séjour à Givray : je voudrais, au contraire, y demeurer encore | après que vous m'aurez rejointe. C’est une halte dans ma vie mondaine, ét rje regrette maintenant de n'être pas venue plus tôt réndre 4 cette bonne Charlotte les visites qu’elle nous a faites il y a deux ans. / “ Je ne saurais, je le crains, me {ontenter comme elle d’un intérieur si modeste et d'une existence si retirée. Vous m’appelez souvent une grande enfant : c’est vrai, j'aime le bruit, les fêtes, le mouvement, je suis un peu frivole, — peut-être beaucoup, — et je déteste tant être seule. FRE Cependant, j'ai été agréablement surprise en arrivant ici. Figurez-vous . que je n'ai pas du tout trouvé la maison triste et sombre comme vous me l'aviez dépeinte ; les meubles sont vieux et laïds, c'est vrai, mais votre . Sœur est devenue une fée ; elle y a-mêlée tant de confort, un si délicieux * | arrangement, tant de confort, que je comprends vraiment qu’elle aime ce . logis, embelli pur ses mains... O Gaston, comme il est heureux que nous puissions acheter des meubles à la mode ! Moi qui n'ai jamais pu acheter une bande tapisserie, ni arriver au bout d’un coussin !
Charlotte est beaucoup plus forte et plus fraîche qu'autrefois ; c’est moi, maintenant, qui ai une vilaine mine pâle auprès d'elle. Son mari assure que le changement nerveux survenu dans sa santé est dû aux pro-
. «menades qu’elle fait dans la campagne. Elle est aussi plus gaie, quoïqu'’elle : … soit devenue très dévote (elle dit même que c’est parce qu'elle l’est qu’elle se sent si joyeuse), et elle passe chaque jour une ou deux heures chez “de pauvres gens . . . Moi je lui donne dé l'argent pour eux, et j'ai promis de l’accompagner une fois ; mais je recule ce moment terrible, parce qu’elle
‘ Les habitants de Givray sont meilleurs qu'amusants, elle l'avoue ; cépendant, il y a une ou deux exceptions, et l’été ramène dans les châteaux
Et es
e disant” | ‘Charlotte. prépare sa layette avec une joie qui me donne des d'autres regrets ; mais je m'attacherai à son enfant, puisque Dieu m’en refuse .+ . prendra’ ,
: Quand à Edouard, il devient presque fou à l'idée de sa prochaine paternité. 1] St : Non, encore une fois, ni vous ni moi ne pourrions nous contenter on cher de ce cadre paisible ; et cependant leur bonheur est de” ceux qui reposent \ et qui font presque envie, ( je “— Charlotte, lui ai-je dit avec étonnement, il me semble que vous n’aimiez pas si tendrement votre mari quand vous étiez près de nous. — “ Oh ! mon cher, je dis toujours des choses inconsidérées ! Cette ÿ pauvre petite sœur est devenue pâle, et ses yeux se sont remplis de larmes ; mais le docteur, qui m'avait entendue, a pris tranquillement la main de sa ; femme, et m'a dit en souriant : À # Charlotte a fait un mariage de raison. ... Mais le cœur et la raison ne peuvent-ils s’accorder ?. . 4” ‘ Gaston, mon cher Gaston, c’est là, au contraire, un charmant assemblage.... Nous avons fait, nous, un mariage d’amour.... Peutêtre ferons-nous bien d'essayer un jour d’y mettre un gräin de raison : .. .”
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térieur DA it une 1 ; ‘ t FIN je suis as mn \ à Z-VOUS us me votre :
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