BOULEVARD DES ITALIENS
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l'autbor reconnaissant
ERNEST FËYDEAD
d'une
Henriette se maria à dix-huit ans. Elle avaif 3 élevée à la campagne, dans un vieux château lé au milieu des bois, loin du tumulte et des réoccupations des grandes villes. Sa mère, en onnête femme qui cherche le plaisir dans la pra^ que du devoir, s'était chargée des moindres déails de son instruction. Henriette n'avait jamais
»nnu son père. Quand elle se maria, elle ne savait
presque rien du monde ; aussi lui înspîrait-il une grande curiosité. Il Tétonna d'abord. Mais olle était intelligente, et, sans en rien dire à personne, elle se mit à l'étudier.
Elle avait le goût inné. Mais, au début, elle 1 commit quelques erreurs dans sa toilette : elle se •coiffait trop bien, ne prenait pas le temps d'effiler ses ongles et de les polir. Ses robes, faute d'avoir
été convenablement essayées, ne s'appliquaient pas à ses épaules ; ses gants se moulaient trop exactement sur ses mains ; ses bottines, trop larges, ne faisaient pas valoir l'élégance de ses pieds.
Elle ne savait pas marcher ou, du moins, elle marchait trop vite, et elle s'empêtrait dans ses jupes. Une sorte de gaucherie, non sans grâce, révélait en elle une personne timide et manquant un peu d'habitude. Enfin, dans ses manières, ses façons de parler, de regarder et de se tenir, on sentait trop l'absence d'une certaine coquetterie indispensable à toute jeune femme qui veut jouir de ses avalât âges. Plus tard, elle fit attention aux
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plus futiles détails de son costume, elle parvint à vaincre cet embarras qui était pour elle un supplice, et elle devint, au dire de tous, un modèle d'élégance modeste et de bonne tenue.
Pour son malheur — ou son bonheur — elle était douée d'une extrême sensibilité, et, quoique passionnée, elle se renfermait en elle-même. Cette minime imperfection de son caractère devait lui faire prendre au sérieux bien des choses qui ne sont pour le monde que choses légères. De là les particularités de sa vie.
Malgré son inexpérience et sa timidité, elle avait débuté dans le monde avec éclat. Le bruit de ses succès cependant ne se répandit pas très-loin. La société qu'elle fréquentait était celle des gens de finance. Ses ï^elations ne dépassaient guère le quartier de la Chaussée d'Antin. Elle en devint, en peu de temps la jeune reine. Son mari était bien posé et laissait lés adulateurs arriver à elle. Elle en compta bientôt un tel nombre, que la médisance n'y put trouver rien à reprendre. Les assiduités
d'un seul homme compromettaot une femme; celles d'une vingtaine de gens de tout âge ne peuvent lui faire tort. Chacun d'eux lui disait invariablement que, partout où elle se trouvait, elle était toujours la plus belle. La monotonie de leur compliment la lassait un peu. Les femmes, chose rare et sans réplique, étaient peut-être encore plus invinciblement attirées vers elle que les hommes. Quelques-unes, profitant des privilèges de leui sexe, quand on les présentait à Henriette, lui de* mandaient la permission de Tembrasser.
Il faut dire, pour expliquer cet engouement presque universel, qu'Henriette avait été douée par la nature d'une beauté toute particulière. Ce n'étaient pas seulement la régularité de ses traits, Téclat de son teint, ni la perfection de ses formes qui faisaient d'elle une personne si séduisante. C'étaient sa grâce et sa douceur qui plaisaient à première vue et inspiraient à ceux qui l'avaient aperçue une fois l'impérieuxdésir de la revoir. Elle n'était ni grande ni petite, mais elle paraissait
grande, parce qu'elle avait la taille mince, et, quand elle eut appris à bien marcher, elle se tenait habituellement le buste un peu avancé, et cela lui donnait un air enfantin rempli de charmes. Sur son front un peu bas s'amoncelaient de grosses touffes de cheveux blonds. Ses cheveux, descendant par folles boucles jusqu'au niveau de ses sourcils, se relevaient au-dessus des tempes et découvraient des oreilles parfaites, qu'on eût prises pour des coquilles roses. Ses yeux d'un bleu velouté étaient très-doux. Son nez se reliait par une ligne sculpturale avec son menton arrondi et séparé en deux par une fossette légère. Ce qu'il y avait de plus attrayant en elle, c'était sa bouche. Ses deux lèvres semblaient avoir été découpées à l'emporte-pièce, et, quand elle les entr'ouvrait en parlant,, on voyait aussitôt briller deux rangées de dents courtes, fines et blanches comme celles d'un jeune chat. Ces diverses particularités de la physionomie d'Henriette n'eussent frappé que médiocrement, l'attention si son visage n'avait
été relevé et comme éclairé par quelque chose d'aimable et de pur. On sentait, à la regarder, qu'elle devait avoir un bon naturel, et cette modestie qui la poussait à renfermer ses sensations en elle-même donnait à ça personne je ne sais quoi de langoureux qui était un attrait de plus.
Elle régnait sur son petit monde sans y faire loi. Elle s'effaçait le plus possible. Elle dédaignait de lui imposer ses goûts, ses idées. Tout au plus — malgré elle encore — Favait-elle habitué à prendre ses modes. Elle parlait peu, réservait son opinion^ ne médisait jamais, et elle observait*
Son mari ayait eu un tort envers elle. Leur union s'étant faite avee un peu de précipitation et par l'intermédiaire d'amis communs, il ne connais-^ sait rien de son caractère quand il l'épousa , et, la croyant futile, à cause de son âge, il la traitait moins en compagne de sa vie qu'en enfant gâtéOé U ne lui refusait jamais rien, et même il la poussait à la dépense, voulant qu'elle lui fit honneur et tenant à avoir un grand train de maison ; mais il ne l'associait point à sa pensée, et, comme si, selon lui, une femme, par cela môme qu'elle était fe^me, n'eût pu le comprendre, il ne s'épanchait guère avec la sienne. Leur union enfin, quoiqu'elle
fût honorable sous tous les rapports, était un peu trop matérielle. Henriette ne voyait son mari qu'aux heures des repas et le soir, quand les bureaux de sa maison de banque étaient fermés. Mais, alors même, ils se trouvaient bien rarement en
tête-à-tête, La société les séparait, avec ses obliga-
tions impérieuses et ses distractions obligées. Henriette s*y soumettait passivement, mais elle en souffrait sans se plaindre. Elle trouvait son mari trop parfait de formes, trop convenable, pour tout dire, et pas assez attentionné. Il lui parlait à peine devant le monde, non qu'elle lui déplût, grand Dieu ! — il eût été bien mal venu à ne pas la trouver charmante — mais afin de n'avoir pas Tair de l'obséder. Cependant, elle n'était pas de ces femmes qu'eussent dépitées les témoignages publics de l'affection d'un mari. Elle n'eût pas aigrement accueilli le sien s'il eût montré l'empressement d'un amoureux. Mais lui, préoccupé par ses affaires, ne songeait pas qu'Henriette pût rien avoir à souhaiter, et, si quelqu'un lui eût
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parlé des soins dont il la privait, il se serait mis à sourire, car il eût trouvé cela ridicule, de mari à femme.
De son côté, Henriette n'avait pas été sans torts. Voyant que son mari la traitait un peu trop en petite fille, elle se renfermait souvent dans sa jeune dignité blessée, quand elle eût dû chercher à se révéler à lui, afin de le forcera revenir sur ses idées faites. Sa mère, si elle eût vécu, lui eût conseillé de sortir, au moins avec son mari, de sa réserve habituelle. Elle lui eût répété, comme elle l'avait fait déjà, quand elle était encore placée sous sa garde, que le mariage, pour devenir une union
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parfaite, doit être une association sincère de deux âmes, n'ayant aucun secret Tune pour l'autre, mettant tout en commun dans la vie, leurs intérêts, leurs goûts, leurs idées, leurs plaisirs, leurs aspirations, formant enfin un tout à elles deux, et présentant aux méditations d'autrui le plus consolant des exemples, celui de deux créatures si bien fondues en une seule, que nulle contrariété ne peut atteindre l'une, sans que Tautre en ressente immédiatement le contre-coup. Elle eût certainement ajouté que la femme, dans cette association égale en devoirs, doit être le second de T homme, second intelligent et affectueux, destiné à le compléter, à lui fournir l'élément de douceur, de tolérance, d'esprit de concessions qui lui manque. Elle lui eût dit encore que personne, jamais, ne devait être autorisé à intervenir entre eux, même pas une mère, et que c'était à elle, Henriette, à mettre tout en œuvre pour faire cesser un état de choses regrettable et que le temps ne manquerait pas d'aggraver. Malheureusement, la digne fezome était
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morte quelques mois après avoir marié sa fille. Deux ans après, son mariage, Henriette se trouvait donc dans une pénible situation d'esprit. Elle aspirait après un idéal mal défini pour elle-même. Elle éprouvait un immense besoin d'action. Le désœuvrement lui pesait; la viduité des plaisirs du monde lui causait de fréquents accès de fatigue. Elle n'y trouvait ni satisfactions pour son cœur ni aliments pour sa pensée. A vingt ans, elle s'ennuyait comme on ne s'ennuie pas à soixante, quand on n'a ni ambition, ni occupation, ni passions, ni même de monomanie pour vous aider puérilement à user le temps. Elle ressentait enfin les premières atteintes de cette maladie morale, particulière aux jeunes femmes qui vivent de l'existence factice des grandes villes, aussi commune chez elles que la misanthropie précoce chez les hommes %mides et inoccupés. Fait bizarre et qui, cependant» se rencontre plus fréquemment qu'on ne pourrait croire ! Henriette, à qui rien ne manquait, en apparence, pour être heureuse ; qui avait la beautéi
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la santé, le succès, l'estime publique, la fortune; Henriette, à cause même de sa sensibilité et de l'élévation de son caractère, comme si elle se fût sentie exilée dans une société matérialisée et reposant sur des conventions artificielles, endurait tous les maux de la nostalgie.
Henriette, dans ses rêves de jeune mariée, avait ardemment désiré un enfant; elle en eut deux. 9tand les souhaits d'une femme sont exaucés, elle ne tarde guère à en former d'autres. Quels allaient être les nouveaux désirs d'Henriette? Hélas! les femmes sont des créatures nerveuses, chez lesquelles l'imagination prédomine ! Celle-ci, dans sou
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désœuvrement, se laissant dominer par des visions, s'avisa de disposer dans son esprit un petit roman dont les péripéties, toujours touchantes, la ravissaient dans leur simplicité jusqu'à l'extase. Elle évoqua, dans le secret de sa pensée, le fantôme d'un ctre parfait, doué de toutes les qualités, de toutes les délicatesses du cœur et de l'esprit, qui la comprenait, celui-là, l'entourait de soins, d'hommages, ne pensait, ne vivait que pour elle seule. Puis, passant en revue dans son souvenir tous les hommes
qu'elle connaissait, elle se dit, en soupirant, qu'ian
tel être n'existait pas, et qu'elle ne rencontrerait jamais celui qui, seul, était capable de la rendre heureuse. Le rencontrât-elle, d'ailleurs, elle sentait bien qu'elle ne se révélerait jamais à lui. Elle avait la conscience droite, elle éprouvait une horreur instinctive pour tout ce qui ressemblait à la trahi-^ son, et, bizarre contradiction, tout en s'abandonnant aux écarts de son imagination, elle aurait mieux aimé mourir que d'envisager l'idée de faillir.
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Dans le nombre des jeunes gens qui papillon^ naient alors autour d'elle, il y en avait un qui devait Tarracher à ses rêveries de la manière la plus inattendue et la plus blessante. C'était un grand garçon de vingt-cinq ans, fils de l'un des plus riches manufacturiers de l'Alsace. Son père, qui avait de grandes vues sur lui, l'avait placé au ministère des affaires étrangères, et, pour l'aider tenir son rang dans le monde, il lui faisait une pension de trente mille francs. Le jeune homme, comme on le pense, allait le moins possible à son ministère, II passait tout son temps à s'occuper d'actrices et de chevaux. Il n'était pas bête; il
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«vait une certaine intelligence des hommes et des choses; mais il était sot. Avec une figure chafoume, des cheveux en coup de vent, un cou maigre, un long nez pointu, un très-grand fonds d'audace et une absence fjotale de timidité, il gâtait ses affaires par son air souverainement désagréable, sa manie de mal parler des femmes de* vant les femmes, et son impertinence. Nul au monde n'était plus sûr de lui-même et, en même temps, plus sec que ce garçon. Il se nommait Gernsheim, mais ses amis ne rappelaient jamais que par le surnom de Fantoche^ à cause du sérieux de sa figure qui contrastait singulièrement avec ses gestes de marionnette. On le présenta à Henriette dans un bal, et, tout d'abord, il s'installa dans un fauteuil à côté d'elle, entremêlant de critiques les . compliments qu'il lui adressait.
— Elle était très^bien habillée, disait-il, mais sa couronne descendait jusque sur ses yeux, et les feuilles de cette couronne lui semblaient de beaucoup trop larges»
Cette façon de propéder, à laquelle Henriette n'était point habituée, la fit rougir jusqu'aux épaules. Elle toisa le blondin au nez pointu; mais il soutînt son regard avec la tranquillité d'une pierre Depuis lors, sans se soucier du singulier effet qu'il avait produit sur la jeune femme, il rechercha toutes les occasions de la rencontrer. A la promenade, il lançait son cheval sur les traces de sa voiture ; puis, tout en. galopant à la portière, devant tant de passants qui les connaissaient, il se baissait sur l'encolure pour lui dire que ses chevaux étaient attelés trop court et que sa livrée manquait de goût, ajoutant comme correctif que son teint avait ce jour-là la fraîcheur des roses, et que ses yeux ne lui avaient jamais paru plus beaux. Il se gênait si peu, que, lorsque la glace de la portière était levée, il affectait de parler à Henriette à ti^avers cette glace afin de la lui faire baisser. Et Henriette la baissait, moitié rieuse et moitié fâchée, sans songer qu'il en pût résulter du mal.
Jamais il ne s'adressait à son cœur, et il avait
de bonnes raisons pour cela ; il n'aurait su comment le faire. Au bal, en valsant avec elle, il lui disait :
— ^Madame, vous ne vous tenez point assez droite. Au théâtre, il venait s'installer dans sa loge et dénigrait la pièce si elle s'y intéressait. Comme il était reçu partout, elle le retrouvait chaque soir. Mais c'était au bois de Boulogne surtout qu'il la pourchassait. Il y a, comme on sait, dans cette promenade, de nombreuses allées couvertes s'enchevêtrant capricieusement ; on n'y rencontre généralement que d'assez rares promeneurs. Lorsque Henriette quittait sa voiture pour marcher un peu, suivie de loin par son valet de pied, le Fantoche, jetant la bride de son cheval à son domestique, l'abordait et la suivait sans lui demander permission. Afin de la préserver du soleil, qui pouvait, disaitil, lui gâter le teint, il la menait dans les sentiers les plus déserts. Il ne laissait pas dire un mot à la jeune femme. Il lui contait les cancans du monde, lui demandait dans quelles maisons elle se proposait
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d'aller pendant la semaine, tirait à boulets rouges sur toutes les personnes dont les noms lui venaient à r.esprit, et toujours continuait à lui débiter de fadbS compliments mêlés de critiques. Henriette n'entendait pas malice au manège de son cavalier. Son babil lui faisait l'effet de ces bourdonnements de hanneton qui, sans vous amuser, vous distraient un peu, vous obligeant à lever la tète. Ses critiques la piquaient. Parfois elle le rembarrait avec rudesse. Mais lui ne s'étonnait de rien ; rien ne le fâchait. Henriette, sans savoir pourquoi, — elle en était même surprise — avait fini par éprouver pour cet impudent quelque chose de cet intérêt qu'on accorde aux gens disgraciés par la nature et aux infirmes. Elle lui trouvait un mauvais ton insupportable, mais il était si jeune! et sa mère, d'ailleurs, l'avait tant gâté, disait-on. Elle eut Viâée de le corriger. C'était une tâche honorable et qui lui paraissait sans danger. S'il eût été bien élevé, avec son prosaïsme et sa figure de belette, peut-être ne l'eût-elle même pas regardé.
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Cependant, plusîeiirs fois ils avaient été rencon* très par des gens qui n'avaient nul motif pour leur faire grâce d'un coup de langue. La nouvelle de leur liaison — quoiqu'elle fût des plus innO' centes — circula bientôt dans Paris. Elle fit sensation. On ne les regut pas moins bien Tun et l'autre. Certaines femmes alors recherchèrent l'amitié d'Henriette. «C'était une supériorité de moins dans le nombre de celles qui les écrasaient. Bien des hommes espérèrent. Du mari, nul ne dit un mot. C'est ainsi qu'agit le monde. Pourtant, de l'aveu de tous, il n*y avait pas de comparaison à établir entre Prosper et le Fantoche. Et si les rôles avaient étp
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renversés ! si le mari avait été soupçonné d'une infidélité, même intentionnelle! quel toile on eût entendu !
L'amoureux était ravi. Plus d'un, le regardant avec malice, lui avait donné à entendre que le secret de « son bonheur )>ëiait connu. On Tavait félicité, engagé à la prudence. Les jeunes gens l'enviaient; les vieilles femmes l'apostrophaient de l'aimable iiom àe mauvais sujet. Il niait, mais faiblement, donnait en souriant sà parole (Thonneur que c< tout cela était absurde ». Cette tartuferie fortifiait les soupçons. Dans la satisfaction de son amour-propre, Gernsheim ne dormait plus. Ou'aurait-il pu, sa nature sèche et vaniteuse étant donnée, désirer de mieux? Pour certains hommes, hélas ! mieux vaut passer à tort pour être distingué par une jolie femme que l'être réellement sans que personne s'en doute. Cependant, se voyant ainsi encouragé, Gernsheim se dit qu'il serait inexcusable s'il ne triomphait d'Henriette, non pas qu'il eût une passion pour elle, il n'^n