DANS
Le non) de Roman fut donné pour la preniièiM! fois aux œuvres que les trouvères du moyen âge composaient en langue romane, alors ridiomevulgaire,par opposition au latin, la langue savante etliturgi(|ue. Venus à Taurore d'une société, les trouvères sentaient comme sentent les âmes neuves et pensaient comme pensent les jeunes intelligences. Aussi la passion du merveilleux se manifestait partout dans leurs poèmes. Lorscju'ils célébraient quelque fait d'armes illustre leur enthousiasme
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leur montrait toutes choses, les hommes et les événements, comme à travers un prisme qui les transfigurait, qui les grossissait à l'infini. Lorsqu'ils disaient une tradition d'autrefois, ils ne manquaient point de faire intervenir dans leur conte des esprits du Ciel et de l'enfer, des saints et des sorciers, des spectres et des dragons, dos sylphes, des gnûnics et des lutins. Lorsqu'ils flétrissaient la tyrannie du seigneur ou la cupidité du moine, ils cachaient leurs railleries stms le voile d'images abstraites. Ktlorsqu'ils voulaient instruire lelecleur, leurs discours prenaient pour mieux être écoulés la formed'un apologue. — Ainsi, chansons de gestes et naïves légendes, satires, allégories et fables, tous ces ouvragus, malgré leur diversité, avaient un trait commun, un même caractère fictif. Il est donc assez naturel que le nom sous lequel on les désignait soit resté dans notre langue, étendu dans la suite h toute narration plus ou ziioins fabuleuse.
Le mot, on le voit, est d'origine moderne.
Nous devons néanmoins l'appliquer h certaines produrtious de l'antiquité faute de pouvoir fui trouver d'équivalent précis chei! les Auci(.'[i.s. La raison en est fort simple : ce
que nous appelons le /toman ne devint jamais une branche distincte de leur littérature. Ce genre bâtard qui emprunte à l'histoire le ton et la forme du récit, qui se rapproche de la comédie et de la tragédie par l'invention de l'intrigue, par l'analyse des passions et la peinture des mœurs, le genre romanesque, appelé à prendre de nos jours un si prodigieux développement, chez eux n'existait pas et ne pouvait exister.
Il ne faut pas oublier que le Livre ne s'adressait alors qu'à une élite d'esprits délicats, à une aristocratie de naissance, de talent et de fortune. Les hommes instruits étaient en infime minorité et par là se trouvaient revêtus d'une sorte de sacerdoce. Us le savaient. Us comprenaient qu'à la situation exceptionnelle que le destin leur avait faite, correspondaient des devoirs exceptionnels.
Placés à la tète de la nation, ils en étaient Tàme, la force active et pensante. Législateurs ou philosophes, orateurs ou moralistes.
poêles ou historiens, ils ne soageaicnl donc point àlire des ouvrages frivoles < faits pour lo seul amusement d'honnêtes paresseux >.
Quant au peuple, en supposant même que cette sorte de distraction lui eût été permise, le temps lui eût manque pour en profiler.
Lorsque l'artisan grec quittait son travail, le pécheur sa barque, le commerçant son échoppe, ils étaient convoqués sur l'Agora pour prendre une part effective, une part directe, dans le gouvernement des affaires.
Membres de l'assemblée générale, ils votaient, ils délibéraient, ils nommaient les magistrats. Membres des tribunaux, le sort les appelait & instruire toutes les causes, ù juger tous les procès :L'iiomme s'effaçait sons locitoyen, et il ne connaissait pas ce goût pour les occupations intimes, les occupations du foyer qui, par suitcdesconditioiis nouvelles d'existence, tend à se répandre de plus en plus dans nos sociétés nmdernes.
L'Ktat du reste, se chargeait lui-même <ramuscr hi multitude ' . Les fétcs civiijues et religieuses instituées sur tous les points du
territoire de rHelladc, n'avaient point d'autre but. Sans parler de certaines réunions où la nation entière était convoquée comme à Olympie par exemple, à Delphes et à Corintlie, il y en avait d'autres, et en très grand nombre, d'un caractère plus local, qui se tenaient dans chaque ville, dans chaque bourgade, soit pour honorer la divinité protectrice de la cité, soit pour célébrer le retour des mois et des saisons. A Athènes on comptait chaque année plus do quatrevingts jours ainsi enlevés à l'industrie et aux travaux de la campagne '. Ces réjouissances ne consistaient pas seulement en des luttes athlétiques, mais aussi en des concours de musique et de poésie qui charmaient, qui élevaient les esprits. Le théâtre, où la place du pauvre était payée par le Trésor, remplissait le même dessein. Naturellement curieux et avide d'émotions, lé Grec trouvait aux représentations dramatiques un plaisir tout particulier. En outre, lui qui n'avait point de journaux et peu d'écoles voyait dans la tragédie une école de religion et d'histoire, dans la comédie un véritable