DERNIERS ROMANCIERS GRECS
roses qu'il a été cueillir ont trop souvent les nuances éteintes et Tàcre senteur des fleurs mortes. Celles qu'il a choisies dans les plates-bandes de Manassès sont étiolées entre toutes. Ce sont des lieux communs ([uelconques mille fois traités, mille fois épuisés : une diatribe contre la calomnie, une longue énumération des maux causés par l'or, une exhortation à la tempérance, et autres sujets semblables que le romancier développe en un jargon barbare et en des vers affreux, mesurés non sur la quantité mais sur l'accent.
Je m'arrête au livre de Manassès. A quoi bon soulever le voile d'oubli qui est tombé sur les romans de Lf/bisteretRhodatmœy d'Emilie et Thésre, de Chnjsorrhof^ et Callimrifjue, de Florios et Platzrf/lorr, tristes divagations d'une race qui s'est survécu à elle-même et dont il serait cruel de railler plus longtemps les malheurs. Aussi bien avons-nous atteint le terme de notre course. En ce xii^ siècle où nous sommes parvenus et qui vit naître les Manassès et les Eumathe, Ton parle français dans les rues d'Athènes. La civilisation s'est portée vers l'Occident. Des nations nouvelles se sont formées, s'épanouissent et recom-
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mencent sous d'autres cieux cette éternelle histoire des peuples que nous venons de suivre dans les œuvres d'imagination de la Grèce, et qui, au fond, comme celle des individus, est toujours à peu près la même, avec les enthousiasmes de la jeunesse, les ardentes aspirations de l'ûge mîir, et le scepticisme un peu mélancohque des vieux jours