‹ Le roman de dix-septième siècleChapitre 6 sur 19 · DÉCLARATION · texte numérisé non relu

DÉCLARATION

€ Ceux qui ont Thonneur de vous voir courent une dangereuse fortune. S'ils vous aiment , ils sont outrecuidezy et s'ils ne vous aiment point, ils sont sans jugement, vos perfections estant telles, qu'avec raison elles ne peuvent ny estre aimées ny n'estre point aimées; et moy estant contraint de tomber en Tune de ces deux erreurs, j'ay choisi celle qui a plus esté selon mon humeur, et dont aussi bien il m'estoit impossible de me retirer. Ne trouvez donc mauvais, belle Diane, puisqu'on ne vous peut voir sans vous aimer, que vous ayant veue je vous aime. Que si cette témérité mérite chasticment, ressouvenez-vous que j'aime mieux vous aimer en mourant, que vivre sans vous aimer. Mais, que dis-je, j'aime mieux? Il n'est plus en mon choix : car il faut que par nécessité je sois, tant que je vivray, aussi véritablement vostre serviteur que vous ne scauriez estre telle que vous estes , sans estre la plus belle Bergère qui vive, j

Page 1