‹ Le roman de FauvelChapitre 22 sur 84 · V. — LA. LANGlMi DU HOICMK XLI · texte numérisé non relu

V. — LA. LANGlMi DU HOICMK XLI

langue du Roman de la Rose ', qui est pour la connaissance de tous les dialectes de l'Ouest une source précieuse de renseignements. — Dans les renvois au texte de Faupel, les chiffres I et II indiquent si l'exemple cite est tiré du premier ou du second livre.

Voyelles rt diphtongues

e Qt a nasals ne riment ensemble que dans example'{ : ample^ II, ^Syi . Il est évident que cette rime unique ne suffit pas à prouver la confusion des deux sons.

e provenant d'un a latin rime avec l'ancienne diphtongue ai : plere : Pcre I, i i6,pere : plere 627, plet^e : mère 66 1 , /ère : mère 964, meire : treire 1 097, II, 2789, apere : affaire II, 1 239, mère : brere 2947, onques mes : seme^ 2973, tendre (i""* pers.) : engendré (participe) 1637, enyvré : livré (i" pers.) 2357 '. Le mot savant considère I, 217, rime avec plere.

1. Le Roman de la Rose, par Guillaume de Lorris et Jean de Meun, publié d'après les manuscrits parErnest Langlois. Tome I. Introduction (Paris, Société des Anciens textes français, 19 14).

2. « On remarque que la forme usuelle ai ^répondant au prétérit -a V i et à h a beo) est rendue ici par é. On rencontre assez souvent, dès le xiir' siècle, ces mûmes finales en rime avec des participes en é, ce qui ne laisse aucun doute sur la prononciation (voy. W. Foerstcr, Li chevaliers as dcus espees, p. xxxiv). On trouve é (habeo;, seie, dans plusieurs documents du centre de la France, notamment une charte d'un seigneur de Chàteauroux, en 1267; E. Hubert, Recueil de chartes, i883, n» 4 » (P. iMeyer, Bull, de la Soc. des anciens textes, XX, 1894, p. 46, n. I, à propos de la liible de Herman de Valencicnnes, contenue dans le manuscrit 620 de la Bibliothèque de Chartres]. Cf. Burgass (p. 37) qui relève la forme é (habeo) dans un document de

XLII INTRODUCTION

L'ancienne triphtongue 'iei est représentée par / (le copiste de A écrit piere, etc.; voir au chapitre suivant) : dire : sire I, 277, pire : mire (verbe) 669, sire : eslire II, 281 1, jnire (verbe) : lire 2201, assis : 5zs(sex)i 2b3. — On sait que le correspondant régulier de p ec te n est pigne, qui se trouve en effet au V. i3o en rime avec œigne. D'autre part, on a les rimes tienent : piegnent I, 1 19, et viengne : piegne II, 3i2i, qui semblent représenter le développement normand *iei > ie, souvent attesté dans le manuscrit A.

iee s'est réduit à ie : acomparagie : mestriel, 435, mesnie : vie 778, comparagie : ydolatrie II, 1489, mestrie : mesnie 1377.

La rime ié : é ' est attestée dans le premier livre par crier (c r e a r e) : deslïer (d e -e x- 1 i g a r e) 444, dans le second par prière : /ère 2429, pierres : verres 2607. Il convient d'ajouter qu'au premier livre le mot savant signifiées 264 rime avec nommées. Dans les rimes panthère : inatiere lôoi et matière : fere 2941 il s'agit en réalité du doublet bien connu matere.

La rime rieume : tieume 1675 n'a aucun caractère dialectal. L'auteur l'a sans doute prise dans le Couronnement Renart, où ces deux mots demisavants sont également accouplés à la rime'.

1. La rime ié :é dans des textes d'une certaine ancienneté indique une origine normande. Mais dès le commencement du xiv* siècle elle devient fréquente. Voir p. ex. E. Schwan, Romania, XIll, aSy.

Page 1