V. — LA LANGUE DU POÈME XLHI
A un oi français, qui rime avec un ancien ai ', correspond le plus souvent la notation oi ou ai, mais quelquefois aussi t' : heent : recréent (= recroient) 1077, celeroi (1'" pers. du futur) : rojr I, 569, miroer : louer i3i, meujouere : plere 289, menjoere : afere i3; paloys : galoys II, 1245 (à côté d(i palaii : balai-{ i3i5), loy : deîof {■= délai) i-jSbjJoer : terroer 3o37, rcy : treroy 2Sbb,paie : monnaie 25 1 3 (à côté de Joie : monnoie 2817), vraie : guerroie 2654. Ici se rangent peut-être aussi les rimes Faupcl : vel (vélum) I, 93, et vel : revel 241, si tant est que vel représente un plus ancien voil ; mais il pourrait aussi être un latitinisme.
Dans fuerre, qui rime zxqc guerre II, 1391 , l'élément u de la diphtongue ne ne compte pas.
Pour la diphtongue ui nous avons un phénomène analogue dans guise : amenise (= amenuise) II, 3009, et si, comme il est probable, lite est le même mot que luite, dans dite : luite 2285 et petite : lite 2717.
D'autre part, au lieu de la diphtongue régulière «/, on a la forme jcer^w;^ rimant avec vertw^ II, 1804. On peut comparer la forme enmi^, « ennui », enregistré par Burgass, p. 20.
Consonnes
La confusion de 6^ et de \ s'est produite p. ex. dans les cas suivants : pais : esbahis 1, i23, pis
1. Cf. E. Langlois, Le Roman Je la Rose, Introduction, p. 196 et suiv.
XLIV INTRODUCTION
(pectus) : /?w(pejus) 143, /a^ (laq ueos) -.las (interjection) 787 ; hardii : tarais II, 2125, païs ; haïs 2819.
De la rime mixte sache : trache 95, blance : sene fiance 193 on trouve ces deux exemples dans le premier livre, mais aucun dans le second.
Morphologie
L'ancienne déclinaison est en partie conservée. Mais il y a de nombreuses exceptions : chief {: a meschief) I, (^'io^cestui neveu ioo5, seigneur : greigneur II, 1977 sont des cas sujets du singulier; prelas {:hé las) I, 604, amis (: a mis) II, 1821 sont des cas sujets du pluriel, de même ententis : gentili i633 ; d'après l'ancienne déclinaison, ces deux derniers mots ne rimeraient pas ensemble [ententif : gentil) .
A côté de la forme régulière elle (I, 442, II, 146 1, 1629, etc.), la forme el est abondamment attestée (I, 449, 477; II, 1397, 1463, 1470, 1476, 1499, i525, 1540, 1543, 1619, 1622, 1627, i63i, 1649, i65o, 2o38, 2064, 2148, 2210, 2660, 2661, etc.). Cf. Eggert, p. 394. — Le cas sujet du pluriel du pronom féminin est quelquefois il dans le second livre (1297, 1768).
Le pronom possessif est souvent vo au second Iivrev(i8i5, i83o, 1834, etc., toujours au masculin; le féminin est vostre 1795, 1800). Il n'y en.a pas d'exemple au premier livre [nostre meire 934).
Le pronom démonstratif masculin est celi au