V. — LA LANGUE DU POÈMK LUI
Enfin, de, ne, que, un exemple de chacun :
Tu nos as dit grant multitude 2670 De granz péchiez, mes se tu de Cestui moût tost ne te délivres...
{Empet-eri^, dans Méon, Nouv. rec, 11, &5).
Tant ai fort desconfort, tu ne 2002 Me pues conforter. Fortune, {vers faux)
N'as pas pooir que pis me faces... (/*., p. 64).
Que maint miracle sunt escrit Qui ne sont vrai ne autentique.
478 Diexl quel tuer (r*)! Diex! Diexl qui que...
(Miracle de N.-D. cTArras, éd. Poquet, col. 272).
Dans la Vie de saint Evroul ' on trouve deux rimes de ce genre, toutes les deux en ce :
Einsi divine providence 18 Humaine fraireté en ce...
Et troubloient sa consience ; 786 El pour ce, se il poet, en ce...
Un exemple se trouve dans le manuscrit fr. 12483, fol. 2 v-^b {NoL et ex/r., XXXIX, n, p. 5i8) :
Diex me doint si servir et parvenir a ce Que puisse parve/iir a vostre douce grâce.
Un exemple dans un rondel (cité par J. Pichon, Le Ménagier de Paris, I, Lxxxvn) :
Je croy bien que c'est par mon vice Que Dieu cy durement m'acule.
Oncques mais d'homme ne vy ce. . .
I. Ed. Danne. Rom. Forschungen, XXXIl, 748-893 (cf. Roma~ nia, XLIV, 102),
LIV INTRODUCTION
Renart le Contrefait (éd. Raynaud et Leihaître) contient deux exemples. Le premier est en ce :
Et vous au8si com lui de franche?
37625 Quel droit avez vous donc en ce?
Le second est plus intéressant :
Dit Athis qui toudis se juge :
1954 « N'est nul qiiî l'ait occis que je. »
On voit qu'ici la rime est définitivement abolie : d'aprèsjfi^ du v. 1953, on s'attendrait à trouver, à Tavaht-dernière syllabe du vers suivant, un u. Il n'en est rien : à la syllabe yw correspond un que. Un cas à peu près pareil se présente dans le Roman de Renard (éd. Méon) *, où que Je rime avec sage :
Nul n'en set vérité provee, Ne uns ne autres fors que je ; 18690 Et vos estes prôdome et sage...
La rime riche.
Le Roman de Faupel est versifié à la manière du Roman de la Rose : l'auteur rechétche la rime riche. M. Ernest Lànglois ^ a établi ainsi les règles de cette manière de versifier : « Pour les rimes masculines, le poète s'est astreint à faire commencer l'homophonie au moins à la consonne où à la voyelle précédant la voyelle ou la diphton-
1. Cette rime a disparu de l'édition Martin (II, p. 362, br. X, V. 745; mai.-, voir les variantes, t. III, p. 848). Est-ce avec raison ?