QUATR]-: VERS CONSÉCUTIFS SUR LA MÊME RIME
Il y a, dans les deux livres du Roman de Fauvel, quelques passages où quatre et même six vers consécutifs ont la même syllabe finale : dans le premier livre, les v. 283-6 [ablo^ 431-4 {estre) et 1 iS;-
LJtlI INTRODUCTION
40 {é); dans le second, les v. 1337-42 {eurs), iSSg- 94 {ité), 1405-8 (z>e), 2257-60 (ow), 2563-66 {aille), et 2947-50 (W'e).
Lorsque, dans le Roman de la Rose, quatre vers consécutifs se comportent ainsi, les deux couplets se distinguent l'un de l'autre à la pénultième syllabe '. Cette distinction peut s'établir dans notre poème aux v. 283-6, où les deux premiers riment simplement en able, mais les deux suivants ont la rime riche en estable, de même aux v. 1137-42 [rite, autéy ité), 2457-60 [eson, enon), et 2563-6 (d'abord rime équivoque en taille, puis rime simple çn aille). Mais dans les autres cas précités, la rime est effectivement la même d^ns deux ou plusieurs couplets. Cette manière de versifier est considérée ÇQtnme une particularité normande, ce qui convient bien à notre texte ^. Mais il est bien entendu que dans beaucoup de textes peu anciens c'est tout simplement une négligence.
Conclusion
Les deux livres du Roman de Fa\ivel présenteiit, au point de vue de la langue, les traits caractéristiques aux textes composés au xiv" siècle : l'ancienne déclinaison commence à fléchir, les formes modernes s'introduisent dans la conjugaison, la chute des voyelles en hiatus à l'intérieur des mots
I. E. I^^nglois, Le HQtnan 4e la Rose, Introduction, p. Sg. 2» P. Meyer, Bulletin de la Société des anciens textes, ÎCXïV