‹ Le roman de FauvelChapitre 46 sur 84 · LA PARTIE EN STROPHES · texte numérisé non relu

LA PARTIE EN STROPHES

Les vers 963-1022 sont-ils authentiques?

Le Roman de Fauvel est écrit en vers plats de huit syllabes. Mais un long passage du premier livre (v. 843-1 i3o) est écrit en strophes de six vers, dont le troisième et le sixième riment ensemble [aab ccb). « Nul doute, du reste, que le passage en strophes soit de l'écrivain qui a composé ce qui précède et ce qui suit; car on y reconnaît ses expressions familières; et la pièce n'est pas, à proprement parler, rapportée, car elle est inséparable de l'ensemble. On peut faire plusieurs hypothèses pour rendre compte de cette particularité : le plus simple est que l'auteur a fondu ensemble des morceaux qu'il avait écrits d'abord, l'un en strophes, l'autre en vers plats » '.

Les strophes sont correctes dans les manuscrits ACEKMN. Mais les copistes des autres manuscrits, surpris sans doute de voir le rythme changer brusquement, ont essayé d'uniformiser, en réduisant les sixains en paires de vers rimant deux à deux. D'abord le manuscrit de Tours (L) :

t. Langlois, /. c, p. 2%\,

VlII. — LA l'ARTlK EN STROPHES LXXIX

Des gens mis en relegion Veul faire ausi collacion 84? Pour veoir comme ordre est gardée Et l'amour qu'elz li ont jurée...

Mais ici le copiste a dij s'apercevoir de son erreur, car ce qui suit est à peu près correct.

Le copiste de 7 a cgalement entrepris de remanier le passage, mais il s'est lassé après la première strophe '.

Le copiste de D s'est servi d'un procédé identique, mais également pour la première strophe seule : il transcrit le troisième vers du sixain après le sixième :

843 Des gens rais en religijonj

844 Je vueil faire aussi colIati[onj.

846 Aus mendians vueil com[mencier],

847 Mais ce n'est pas pour eul[x tencier]

848 Ne pour eulx flater ne bee-(5«c),

845 Pour veoir comme orde est gar[dee|.

Le copiste de Fa, par mégarde, laissé intacts les V. 843-8 et 891-6. Mais les v. 849-90, 896-920, ii2b-3o sont remaniés. Son procédé consiste à transcrire le sixième veis de chaque strophe immédiatement après le troisième, sans se soucier s'il détruit le sens ; p. ex. :

iN'en (51c) ne fait mes, si Dieu m*ament.

Mariage ne testament, 881 Adcort ne composicion,

884 Mandiante religion.

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