Voir la note du v
1042. Placebo. Voir la note du v. 618.
1089 et suiv. (cf. 1637). Cette idée qu'on est vilain, non par la naissance, mais par les sentiments, est courante surtout depuis le xiv* siècle. Elle est dans Eustache Deschamps {Œuvres, III, i6i-3, et IX, i5o-i) et dans Renart le Contrefait (éd. G. Raynaud et H. Lemaître, v. 22703 et suiv.). Parmi les Nouvelles françaises du xve siècle, publiées par M. Ernest Langlois (p. 118 et suiv.), il y a un traité moral (ch. XXXVII : Oest ici une lettre et uns peti:{ enseignement que un povre home de religion envoya a un noble jeune homme qui avoit esté en sa doctrine), où elle est longuement exposée. Voici enfin quelques vers d'un poème anonyme publié par M. Eugène Ritter dans son recueil intitulé Poésies du XIV» et du xve siècle (Genève, 1880), p. 27-28 :
Comment ose ung homs donner nom De villenie, ne renom  homme ainsi fortuné,
S'il ne voit en lui achoison De si villainne entreprison Qu'il s'appere villain nommé ?
On a par maintes fois clamé Gentil, tel qui cuer reclamé Avoit de villainne opproison.
Cilz est villain qui fait vilté.
Selon le droit d'umanilé, Nul n'est villain se du cuer non.
Bien congnoist celui qui a sens Que de ses beaux aornemens Ne vient mie la gentillesse, Âins vient du noble cuer dedans, Doulx et courtois a toutes gens, Et preux aux armes sans paresse.
Loyaux cuers, armez de noblesse, D'onneur plus que d'autre richesse Doit désirer les paremens.
1 104. Nous avons adopté la leçon Gentis qui se font $i nouvel, en entendant nouvel au sens de « élégants ». Mais on pourrait aussi bien lire, avec CEKLM, Gentil^ qui sont si inouel, «c inéquitables, injustes ». La rime aie m : ellum n'est pas étonnante au xiv« siècle.
ii3o. C'est sans doute un emprunt au Roman de Renart (éd. Méon, v. 27790) :
Fortune se jeue del mont, Li un vienent, li autre vont, Li un devant, l'autre derrière; Che est li geux de la chivicre.
Cette locution proverbiale, faisant allusion à la place des porteurs d'une civière, tantôt devant, tantôt derrière, et par suite aux vicissitudes de la fortune, se rencontre encore dans le dit Des otitieus de Vostel, publié par Jubinal d'après le ms. 12483, fol. 217, de la Bibliothèque nationale, et par G. Raynaud, d'après un manuscrit du Musée Condé, dans la Romania, XXVIII, Sg (réimpression dans Mélanges de philologie romane, p. 262). Je cite ce dernier texte :
Mainages semble mer parfonde ; Sempres s'en va, sempres seuronde.
C'est sa manniere;
Ce est li gieus de la civière :
Li uns devent, l'autre derrière.
1173-74. Cf. le Chapel des fleurs de lis (dans Romanta, XXVII, 79) :
Sainct Pol dist que foy si est morte Quant en bonnes euvres n'est torte.
Le passage se trouve dans l'Épître à saint Jacques, II, 20 : Fides sine operibus mortua est.
i3i4. Cotue teste. Au vers i3r2 il est dit que la couronne de Fauvel n'est pas ronde, parce que lui et ses gens ont tous cohie teste. C'est ainsi que lisent les manuscrits AC. D'après le contexte, cet adjectif, qui manque dans les dictionnaires, signifierait quelque chose comme « allongé ». Les autres mss. ont cocue ou cornue. Voir au Glossaire.
1347. " Le hoquet, appelé hochetus, ochetus ou truncatio (et regardé par les didacticiens comme une des parties essentielles de la musique mesurée), était une phrase harmonique dans laquelle une ou plusieurs parties étaient entrecoupées ou interrompues par des silences. Suivant Walter Odington, dans une composition à deux voix où le hoquet était employé, lorsque Tune chantait, l'autre devait se taire, et dans une composition à trois voix, une des voix devait se taire pendant que les deux autres chantaient... » C'était un des raffinements accessoires, qui, au xiii" siècle, tendaient déjà à s'introduire dans les compositions harmoniques (De Coussemaker, Uart harmonique aux xn« et xiiic siècles, p. 83). Sur les « hoquetements » et les « chansons hoquetées » dans un emploi allégorique, voir E. Langlois, Nouvelles françaises du xv' siècle, p. 118 et suiv.
1417-18. Psal., 145, 2 : Nolite confidere principibus.
1432. Enfans. Voir la note du v. 627.
1487-88. Amos, 9, I : Avaritia enini in capite omnium.
i63j et suiv. Voir la note du v. 1089.
1690. Torchent miex Fauvel que Morel. Morel, comme Fauvel, est un nom de cheval. De même que Fauvel représente la. fausseté, Morel doit faire jeu de mots avec mora/e; cf. mours (mores), comme contraste à amours, selon le V. 2o36.
l3o . NOTES
1899-1900. II aurait fallu introduire dans le texte les formes féminines menues et aparceiies, qui se rapportent, non à grains, mais à esmeraudes. Il, au v. 1900, est pronom féminin. Voir l'Introduction.
2122. Proverbe bien connu, dont la forme latine est Audaces Fortuna juvat, et qui se trouve par ex. dans le Roman de Renart (éd. Méon, v. iSôog : Fortune secort les hardi^). Un autre exemple dans Le Roux de Lincy, II, 490.
2170. Le jaiant de double nature est naturellement le Christ. Il y a ici probablement une réminiscence de la statue aux pieds d'argile que Nebucadnetsar vit en songe, et de l'explication de Daniel : « Il y aura un quatrième
royaume ce royaume sera en partie fort et en partie
faible... Dans le temps de ces rois, le roi des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit... » (Daniel, IV, 41-44).
2176. Fust sans escorce, l'arbre de la croix.
2802. Il aurait fallu remplacer De gale:^, qui est dans A seul, par Des gale^.
23p3. Recuidroient de recueillir.
2^55 et suiv. Sur l'histoire de Nebucadnetsar, voir le livre de Daniel, ch. iv. Dans Renart le Contrefait aussi (éd. G. Raynaud et H. Lemaître,v. 2687 et suiv.) Nabuchodonosor figure, avec Ferrant, parmi ceux qui ont éprouvé l'inconstance de la fortune.
2383 et suiv. Cette idée philosophique, qui provient de Boèce et de ses commentateurs, est courante au xiv« siècle. Elle se trouve p. ex. dans la Voie de Povreté et de Richesse de Jacques Bruyant et dans le Breviari d'Amors de Matfré Ermengau. M. Paul Meyer écrit à propos de ce dernier [Hist. litt., XXXII, 27-8) : « Toujours désireux de concilier la prédestination avec le libre arbitre, il suppose ingénieusement que Dieu donne à ceux qui sont nés sous un astre défavorable la force nécessaire pour résister aux mauvais penchants qu'ils tiennent de leur naissance, leur sachant d'autant meilleur gré de leurs bonnes actions qu'ils ont eu plus de peine à résister aux influences sidérales. C'est la grâce, moins le nom. »
2419. L'histoire du roi Ézéchias, dont Dieu prolongea la vie de quinze ans, est racontée dans le second livre des Rois, ch. XX.
SECOND LIVRE l3l
3479-82. Ces vers disent exactement la même chose que les V. 2441-43, et le v. 2443 est identique au v. 2482.
2640. Crapoudine^. L'abbé Boutillier {Bulletin de la Société nivernaise des sciences, lettres et arts, seconde série, t. III, 1869, p. 186-8) relevant sur 1' « inventaire des biens estans en l'ostel Dieu et hospital de Nevers » (1492) la mention de « deux pierres crapaudines enchâssées en deux verges d'argent », cite à ce propos un manuscrit du xv* siècle appartenant à M. Charles de Cavailhès : « La crapaudine est une pierre précieuse, blanche ou vaire, qui croist en la teste du crapault, et quant elle en est ostee, on la nectoie en fort vin et en eaue, sy comme dit Dyascorides. En ceste pierre apert aucunes fois la fourme du crapault qui a les piez estendus, et vault contre la morsure des bestes envelinees et contre velin. Car, en présence du velin, elle eschaude le doy de celui qui la touche, et par especial celle qui a la coleur vaire, et, pour estre plus certain, on les doit toutes deux mettre ensemble, si comme dit Dyascorides ».
2708. Il serait facile de remplacer nule bonte^ par nules bonte^. Mais comme l'auteur n'observe pas l'ancienne déclinaison, il est permis de supposer qu'il mettait quelquefois à tort Vs du cas sujet au cas régime. Même observation pour bonte^, v. 2712.
2730. Au lieu de guerniers, la rime riche ( : deniers) exige la forme greniers.
2774. Tobler (Vermischte Beitrâge, IV, p. 2i5) suppose que le fait que la chantepleure se trouve vide au moment ou elle paraît encore pleine d'eau a donné naissance à son emploi au sens figuré pour désigner le deuil. qui succède inopinément à la joie.
2883-86. Math., 5, 3 : Beati pauperes spiritu, quoniam ipsorum est regnum caelorum.
2993. Uauctour de Sex Principes est Gillebert de la Porrée. Voir l'Introduction.
3269-70. Ferrant fina, aussi fera Fauvel. Ferrant est un nom de cheval, comme P'auvel. C'est une allusion à Ferrant, comte de Flandre, qui, trompé par de fausses prédictions, entre à Paris prisonnier. La Chronique de Guillaume le Breton raconte que la comtesse douairière de Flandre, Mathilde de Portugal, tante de Ferrant, ayant, secundum
morem Hispanorum, consulté les démons sur l'issue de la lutte de son neveu et du roi de France, reçut une réponse amphibologique d'où il résultait que Ferrant serait accueilli par les Parisiens cum maxima pompa. Vaincu et fait prisonnier à Bouvines, sa défaite et son entrée à Paris furent en effet célébrées par de grandes réjouissances (Œuvres de Rigord et de Guillaume le Breton, éd. Delaborde, I, 1882, p. 295-7; cf. ibid., I, p. LXi-Lxn; G. Raynaud, Œuvres d'Eustache Deschamps, XI, p. i52). — Dans Renart le Contrefait, comme dans Fauvel, Ferrant figure, avec Nabuchodonosor, et avec les Templiers, parmi ceux qui ont éprouvé l'inconstance de la fortune (voir G. Raynaud, Romania, 1908, p. 25o).