‹ Le roman de FauvelChapitre 77 sur 84 · DU MANUSCRIT E · texte numérisé non relu

DU MANUSCRIT E

(Paris, Bibl. Nat. fr. 146)

*« ^<<t<B<ll(|>€>»»»> *

Le manuscrit fr. 146 (anc. 681 a), que nous désignons par E, est un manuscrit de très grand format, à trois colonnes par page, et luxueusement enluminé au premier tiers du xiv» siècle. Il contient différentes compositions, entre autres des œuvres de Geoffroi de Paris, dont on peut voir le détail dans les Manuscrits français Ae Paulin Paris (I, 304-37) et le Catalogue des manuscrits, I, 1 1. Les fol. 1-45, occupés par une rédaction interpolée du Roman de Fauvel, ont été reproduits en fac-similé par Pierre Aubry en 1907 '. Des trois colonnes de chaque page, ce n'est généralement qu'une seule qui contient le texte, par endroits assez fortement remanié, du Roman de Fauvel. Les autres sont occupées par des « pièces de rapport qui sont séparées du texte d'une manière très apparente, bien qu'elles y soient souvent rattachées. Ce sont des morceaux français et surtout latins destinés à être chantés, et toujours accompagnés de la notation musicale. Le manuscrit en présente, en tête de la copie, une table faite avec soin, précédée de cette annonce :

En ce volume sunt contenuz le premier et le secont livre

\. Le Roman de Fauvel, manuscrit inédit de la Bibliothèque Nationale (Français, 146), reproduit par un procédé photographique inaltérable, avec une table des interpolations musicales par Pierre Aubry. Paris, P. Geuthner, 1907. Cf. Un explicit en musique du Roman de Fauvel, par le même, Paris, H. Champion, 1906 (extrait du Mercure musical).

l36 APPENDICE

de Fauvel, et parmi les deus livres sunt excripz et notez les moteiz, lais, proses, balades, rondeaux, respons, amenés et versez qui s'ensiuvent...

Plusieurs de ces pièces ne sont certainement pas de l'auteur de la compilation copiée dans notre manuscrit, et quelques-unes n'ont aucun rapport avec le roman dont elles encadrent le texte. On y trouve en grande abondance des fragments liturgiques, antiennes, versets, répons, hymnes, dont l'admission à cet endroit ne s'explique que par un caprice assez singulier. Mais d'autres, notamment parmi les pièces latines qui en forment la majorité, ont été composées exprès pour accompagner notre roman; elles contiennent contre Fauvel, en latin Fauvellus, Falvellus ou Favellus, des invectives ou des plaintes dénuées d'ailleurs de tout intérêt. Quelques-unes, plus dignes d'attention, ont trait à des événements contemporains de l'auteur '. »

Mais il n'y a pas que des interpolations lyriques. Le second livre contient, à propos des noces de Fauvel avec Vaine Gloire, une longue description des fêtes données à cette occasion, où l'on reconnaît entre autres de nombreux emprunts au Tournoiement d'Antecrist de Huon de Méri et un passage emprunté au Comte d'Anjou de Jehan Maillart.

Le remanieur du Roman de Fauvel a supprimé les derniers vers du second livre, où le nom de l'auteur, Gervès du Bus, est donné dans une énigme. Mais il l'a donné dans une autre énigme, fol. 23 v° b, après le v. 2886, Avant de la citer, notons d'abord que l'initiale qui devait sans doute être peinte en couleurs, manque : c'était évidemment un ./. qui doit se lire Un. A gauche de ce blanc, on voit un g minuscule, qui indique, non l'initiale à peindre, mais une correction à pratiquer : le dernier mot du premier vers, qui est derues

Page 1