II. — DESCRIPTION' DKS MANUSCRITS XXIH
M. H. Omont \ quia retrouvé douze des trentesept feuillets qu'une main criminelle avait arrachés de ce manuscrit, il y a plus d'un siècle. Un feuillet isolé, découvert chez un brocanteur de Paris, et réintégré (postérieurement à la rédaction du Catalogué) dans le manuscrit de Dijon, est précisément le feuillet enluminé où est transcrit le début du Roman de FauveliioX. i58 bis). Aux trois notices précitées M. Ernest Langlois vient d'ajouter quelques intéressantes remarques dans son livre sxxv Les Manuscrits du Roman de la Rose'.
Ce manuscrit est un recueil d'anciennes poésies françaises, transcrites à Paris, dans la seconde moitié du xiv^ siècle.
« En deux endroits de ce volume, à la suite des derniers vers du Roman de Fauvel et à la fin de la Consolation de Boèce^, on lit les deux souscriptions
1. Notice sur quelques feuillets retrouvés d'un manuscrit français de la Bibliotlièque de Dijon, dans ia i?om<3nia, XXXIV (igoS), p. 364-74. Un fac-similé de l'enluminure représentant Fauvel est joint à cette notice.
2. Dans Travaux et mémoires de V Université de Lille, nouvelle série^ 1. Droit-Lettres, vol. 7, Paris, 1910, p. 122-23. -r Aux indications bibliographiques données dans ces trois notices, j'ajouterai seulement que L'>Epzs?re des femes {'(o\. ii3) n'a pas été imprimée par Méon, comme le dit par erreur M. Langlois (p. 124, note), mais par Jubinal {Nouveau Recueil, II, p. 170), d'après les rass. français i5g3 et 12483 de la Bibliothèque nationale, et que le Chaton en français (fol. i25 v^-128), par Adam de Suel, a été publié en igoS par J. Ulrich dans Romanische Forschungen , t. XV, p. 107 et suiv. (cf. Rom., XXXIV, p. 840). Entin, il faut dire que L'.4di;oc»2C2> Notre-Dame (fol. 164-177), imprimée, d'après le manuscrit d'Evreux, par A. de Montaiglon et publiée par M. G. Rayn^ud (Paris, Académie des bibliophiles, 1869-1896, petit in-8o) se retrouve encore dans le manuscrit de Tours, n" 947, fol. 176-192 v» (notre L).
XXIV INTRODUCTION
suivantes du copiste du manuscrit, toutes deux anonymes, et datées l'une de i355. l'autre de i3Ô2 :
iFol. lùi) Explicit iste liber, qui fuit inceptus, mediatus et sic adimpletus Parisius, et etiam sic finitus in vico Boni Putei, prope portam Sancti Victoris, circa nativitatem Domini, anno ejusdem M<^CCCoL\'«.
{Fol 2 5 2) Cy finent les livres de Boesce
Que j'ay escript a grant angoesce.
Parisius, in domo domini episcopi Ambianensis ', anno M"CGCoLXII°, menseseptembri.
L'un des feuillets aujourd'hui conservés à Paris ^ porte une troisième souscription, qui donne le nom du copiste, Mathias du Rivau "\ avec une troisième date, i36i :
{Fol. 22g V") Expliciunt Epistole Petri Abaielardi et Heloyse, primitus ejus amice, postmodum uxoris, scripte Parisius per me Mathiam Rivalli, in domo episcopi Ambianensis, anno Domini millesimo CCC*LXo primo, mense decembri.
Mathias du Rivau était un habile calligraphe, comme on en peut juger par le manuscrit de Dijon; mais ce n'est pas le seul spécimen que Ton possède de son talent. Il y avait dans les collections
1. Jean de Gherchemont, évéque d'Amiens (i 323-1 373), était d'une famille poitevine (G<3//i<ï christiana, X. 1192-1193).
2. Onze feuillets jadis enlevés au manuscrit de Dijon font actuellement partie dun lot de fragments de manuscrits qui ont été classés sous le n® 20.001 des nouvelles acquisitions du fonds des manuscrits français.
3. Ou Mathias Rival ou Rivau. comme le veut M. Langlois (/. c, p. 122, note). M. Langlois croit du reste que récriture change au début du feuillet ii5: Mathias n'aurait alors écrit que la seconde moitié du volume.