IX. — LES SOURCES DU ROMAN LXXXVIl
que le premier livre de Fauvei est inspiré des mêmes idées hostiles.
Cet accord général dans lés idées est la ressemblance principale entre les poèmes de Renart et le premier Fauvei. On peut ajouter une locution proverbiale {C'est le mestier de la civière) qui dans Renart (v. 27790) se trouve dans un passage sur l'inconstance de la Fortune ^ et que nous citerons, avec un autre exemple, dans la note du v. ii3o. Il est probable que c'est dsins Renart que l'auteur de Fauvei l'a trouvée. Et quelques vers plus bas nous rencontrons une autre locution qui a été transcrite dans Fauvei non loin de celle que nous venons de signaler :
Renart y v. 27849-50 | Fauvei, v. 1026
Certes, qui sert a tel baron ! Teil louier a qui sert teil Ne l'en puet venir se mal non. i [mestre.
(Éd. Méon, 111,293). I
Signalons encore, à propos de locutions proverbiales, que les deux vers de Fauvei :
Pastours sont, mes c'est pour els pestre : 610 Huy est le louf dez brebis mestre,
sont comme la transcription d'un passage de Renart le Nouvel :
Car tuit sunt devenu louviôl Cil ki soloient estre agniel.
Li clergiés ki nos deùst paistre De boines oevres com boins paistre...
6660 N'ont mais de tele cose cure...
I. Ed. Méon, t. III, 291 {Si comme Renart volt mengier soti con/essor).