IX. — LES SOURCES DU ROMAN XCI
ceux qui devraient avoir le moins d'avarice qui sont le plus entachés de ce défaut. Le clergé, qui doit montrer le bon exemple, ne nous enseigne que des lèvres. La satire contre le pape et les ordres religieux occupe dans Renart^ comme dans Fauvel^ une large place. En parlant de Tégalité des hommes, instituée par Dieu, et que les hommes méprisent, Jaquemart Gelée emploie à peu près les mêmes mots que l'auteur de Fauvel (v. 1 107 et suiv., et 2960, etc. ') :
5885 Tout Sûmes d'Adan et d'Evain Fait de no pere souverain Dieu : ne sai nus ait avantage...
Et d'autel matere est estrais Li rois c'uns autres : n'est fors brais, De li ne de nous n'est fors fiens...
Dans la guerre entre Noble et Renart, la paix est procurée par dame Ghile, dont le costume est décrit par des allégories :
Ce fu drois k'ele ert aournee D'une reube trop desghisee, Car ele avoir cote et mantiel Fait très le tans Luciabel ; Ses fist uns ouvriers de Biangi, 6610 Car ele avoit mantiel parti
De losenges contre mençoigne, Bordé d'un orfrisiel d'antroigne, Et de proumetre sans douner L' avoit fait a porfil fourer.
L'atache en ert de doublerie.
Et li tassiel de loberie;