LE MANUSCRIT DES ANCIENS MOINES
\e manuscrit, si aritiijue et si poudreux qu'il s'émiettait sous les doigts et menaçait de s'en aller peu à peu en impalpable poussière, me fut montré dans les archives de Simancas.
Cest un château-fort, situé an kilomètres de Valladolid, que Philippe II fit restaurer et aménager pour contenir les Archives Générales du Royaume d'Espagne.
On peut affirmer quil y a, dans les salles de cet édifice, une admirable collection de documents
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des plus précieux pour r histoire, depuis les temps les plus reculés de la reconquête jusquà nos jours. Malheureusement, ces documents risquent de rester à jamais inédits et inconnus, car il faudrait la vie de plusieurs savants pour compulser et mettre en ordre toutes ces pièces officielles .
Les historiens, qui ont eu la patience et le courage de fouiller dans ces archives, y ont trouvé des trésors ; mais le peu qu'ils ont pu y glaner, après des années d'efforts, est la preuve de l'immensité de la besogne à entreprendre. Tous se sont désespérés et ont renoncé, après plus ou moins longtemps, à une œuvre qui dépasse les forces humaines.
f'ai parcouru ce manuscrit et f aurais voulu le copier, mais je n'en avais point le temps. Sa lecture avait d'ailleurs fait une telle impression sur mon esprit qu'il se grava dans ma mémoire (/).
// provenait du Monastère de San Roman de
(i) Mais je dois avouer aux lecteurs que c'est surtout mon imagination qui m'a inspiré l'œuvre qu'ils vont lire.
(Note de l'auteur.)
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Hornija, et il était V œuvre des anciens moines. Le bibliothécaire de Simancas, qui me le montra, me dit que c'était probablement une copie d'un manuscrit plus antique encore . Celui que j'ai vu pouvait remonter au XV'^ siècle ; mais, d'après le conservateur de la Bibliothèque de Simancas, le manuscrit primitif devait avoir été composé au X^ ou XP siècle.