‹ Le roman de l'Espagne héroiqueChapitre 2 sur 18 · LE MONASTÈRE DE SAN ROMAN · texte numérisé non relu

LE MONASTÈRE DE SAN ROMAN

n'est-ce que le Monastère de San Roman deHornija? Existe-t-il encore?

De Simancas à Tordesillas, de Tordesillas à Villalar, de Villalar à San Roman, voilà la route qu'il faut suivre. De Simancas à Tordesillas, on compte dix-sept kilomètres ; dix-sept kilomètres aussi de Tordesillas à Villalar .

Villalar , c'est un village insignifiant de 800 habitants, qui ne mériterait même pas une mention, s'il ne s'y élevait un monument commémoratif de la défaite des Communeros et de

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l'exécution de leurs chefs. Et ce monutnent suffit pour éveiller de bien grands souvenirs.

Mais, passons! De Villalar, bâti sur une petite colline au centre d'une vaste plaine, il faut encore faire huit kilomètres environ pour arriver au Monastère de San Roman. C'est dans une gorge tortueuse, au confluent de la petite rivière Hornija avec le Douro, que ce Monastère fut fondé. Du vaste et magnifique édifice de jadis, il ne reste quune église reconstruite sur remplacement de l'église gothique, avec les matériaux de l'antique monastère, au milieu du XVIII^ siècle ; c'est une paroisse de campagne, bien pauvre et bien nue, qui réunit environ cinq cents âmes autour de son clocher .

Mais de nombreux vestiges attestent encore la splendeur passée de ce monastère royal : des fûts de colonnes de marbre blanc gisent aux alentours dans la poussière et les herbes envahissantes ; d'autres ont été rangés devant le portique en guise de piliers; l'antique bassin des fonts baptismaux subsiste encore ; h bénitier semble avoir été creusé dans la pierre même qui fut consacrée la première

à l'édification du. couvent. On y lisait autrefois, d'après Morales, F inscription suivante : Hic sunt reliquiœ numéro sanctorum, sancti Romani monachi, sancti Martini episcopi, sancta Marine Virginis, sancti Pétri apostoli, sancti Johannis Baptiste, sancti Aciscli et aliorum numéro sanctorum. // paraît qu'on n'y lit plus de nos jours que les derniers mots : et aliorum. . . sanctorum. Mais dans le vestibule de la maison voisine de Péglise actuelle, dans la sacristie, on trouve des bases qui proviennent évidemment d'un édifice important, des chapiteaux élégants avec feuilles d'acanthe, très semblables aux corynthiens, avec des feuillages et des cannelures, où on reconnaît le style pas trop dégénéré du Bas- Empire ; certains fûts de colonnes sont enlacés de cannelures en spirale à la mode latino-gothique.

Le reliquaire contient aussi deux urnes de bois sculpte et doré, toutes couvertes d'émaux, dont on ne saurait dire l'âge avec exactitude, mais qui proviennent sans doute du X^ ou X/" siècle, lorsque les moines peuplèrent de nouveau le mo-

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nastère de San Roman, après la reconquête sur les Maures, qui semblent avoir respecté ce lieu consacré à Dieu !

Cesdeux urnes sont des plus précieuses : F une, celle de San Roman, est ornée de griffons et de monftres avec des feuillages en relief décorés du chiffre de Jésus; Vautre rappelle sur ses émaux des histoires de chevalerie.

Peut-être représentent-elles des scènes de la vie du fondateur de ce monastère, le fameux Chindavinste, dont le manuscrit de Siniancas chante les exploits .

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