‹ Le Roman de la RoseChapitre 11 sur 51 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

différence que la punition devoit être plus sérieuse, puisqu*on le menaçoit de le faire mourir sous le bâton. Ce Troubadour est plus ancien que Jean de Meun, et il est possible qu'une fausse tradition ait attribué à celui-ci ce qui appartenoit à l'autre. D'ailleufs, dans les vers 15397 et suivants, Jean de Meun fait aux femmes une réparation authentique de tout ce qu'il a dit contre elles, et déclare déjà, au vers 8697, qu'il n'a fait que copier les anciens auteurs.

« Jehan Bouchet , dans sa Chronique d'Aquitaine, rapporte un autre trait attribué à Jean de Meun, celui de son testament en faveur des Jacobins; mais il ne le donne que comme un ouï-dire , et déclare qu'il ne le croit pas vrai. J'ai parcouru les olim du Parlement jusqu'à Tannée 1327, pour trouver l'arrêt qui ordonnoit à ces Religieux de. le remettre dans sa sépulture : je n'ai rien découvert qui y fût relatif. J'aurois désiré pouvoir compulser égale- Inent les <^pitulaires de ce couvent ; mais je n'ai rencontré personne qui ait pu me donner aucun renseignement sur ce qu'ils étoient devenus.. Au surplus, il parolt peu vraisemblable que Jean de Meun, qui, dans son Testament, annonce se repentir d'avoir fait dans sa jeunesse quelques dits par vanité , et déclame contre les sept péchés capitaux, se soit égayé, à l'article de la mort pour ainsi dire , aux dépens de ces Religieux, quoique dans la même pièce il ait lancé des traits de satire assez piquants contre les Prélats et les Religieux qui ne remplissoient pas les devoirs de leur état. On peut donc, je pense, regarder ce fait comme apocryphe.

« Il y a tant de variations dans les Historiens sur l'époque de la mort de Jean de Meun, qu'il est difficile de la fixer d'une manière exacte. Jean Bouchet dit que ce fut

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