XVIII PREFACE
« mières poésies françoises. n Cette épitaphe , faite trèslongtemps après sa mort, parott copiée sur la Chronique d'Aquitaine, et ne peut faire autorité : au surplus, elle ne prolongeroit la vie de Jean de Meun qne de six ans environ. »
Méon termine son avertissement par Texposé de ce qu^il a fait pour donner enfin une bonne édition du Roman de la Rose ; et il n^omet pas de juger celle de Lenglet du Fresnoy, si peu soignée, dit-il avec raison , qu'elle fourmille de fautes et de contre-sens qui rebutent le lecteur le plus intrépide. Il ajoute, non moins judicieusement, que Tédition qui parut en 1799, en cinq volumes grand in-8% n'est pas plus correcte. Cependant, il ne mésestimait point tant le travail de Lenglet du Fresnoy, qu'il n'ait donné en entier la préface de cet écrivain, qui, après tout, était homme d'esprit. Cette considération nous porte à faire de même, et à montrer ainsi comment le Roman de la Rose était envisagé dans le cours du siècle dernier.
« Nos ancêtres ont si fort estimé le Roman de la Rose, qu'il y auroit ou trop de mépris, ou une ingratitude trop marquée de n'en pas faire aussi quelque cas. Le nombre des manuscrits , beaucoup plus grand que celui des imprimés, fait bien voir que c'étoit le livre de nos pères; et si le langage de ce Roman n'étoit pas si éloigné de nos tours et de notre délicatesse, quelquefois trop affectée , ce seroit peut-être encore le livre de leurs enfans. Je puis dire cependant qu'il n'a jamais été tout à fait négligé. Les