Tome-l'en bien par autre voie
Que par celé que je ci garde :
Car par vie oiseuse et fétarde *
Puet-Ten à Povreté venir.
Et s'il vous plésoit à tenir
Celé voie que j'ai ci dite
Vers Povreté lasse et despite *
Por le fort chastel assaillir,
Bien porrés au prendre faillir.
Mes de Fain cuit-ge* estre certaine
Que vous iert* voisine prochaine;
Car Povreté set le chemin
Miex par cuer que par parchemin.
Si sachiés que Fain la chétive ,
.Est encores si ententive
* La pauvre malheureuse.
*I\'e peuvent.
* Désasscmhle,
* Tiendra,
* Ainsi que vous avez Vhabitude.
* Paresseuse.
* Méprisée.
*Crois-Je.
^ Sera.
(1) Triptolemus, fils de Celeus, qai régnoii à Eleusis lorsque Gérés cherchoit Proserpine sa fille. Celeos reçut magoitiquemeiil cette déesse, qui, poar le récompenser, lui apprit Tart de Pagriculture. Elle fit plus: elle récbaufra, pendant la nuit, Triptolème qui ne faisoit qae de naitre, et le lendemain elle voulut elle-même rallailer; et lorsqu'il fut grand, el\e renvoya, sur des serpents ailés, enseigner à tous les humains la manière de recueillir le blé après ravoir semé.
{Omj} , Métamorph^Mv. y l.) (L.D. D.)
Envers sa dame et si cortoise, Si ne Taime-ele ne ne proise'', S'est-ele par Ji soustenue, Combien qu'ele soit lasse et nue, Qu'el la vient toute jor véoir, Et se vet avec li seoir, Et la tient au bec, et la baise Par desconfort et par mésaise.
Puis prent Larrecin par l'oreille, Quant le voit dormir, si resveille.
Et par destresce à li s'encline ; Si le conseille et endoctrine Comment il les doit procurer, Combien qu'il lor doie* durer. Et Cuers-Faillis à li s'acorde.
Qui songe toute jor la corde Qui li fait héricier et tendre Tout le poil, qu'el ne voie pendre Larrecin, son filz, le tremblant.
Se l'en le puet trover emblant*.
Mes jà par ci n'i enterrés, Aillors vostre chemin querrés * ; Car si le chemin volés sivre, De tout bien vous verres délivre, Que ne m'avés pas tant servie Que m'amor aies déservie*.
* Prise.
* Doive.
* Folant, dérobant,
* Chercherez.
* Méritée.
V Amant à Richesse.
Dame, par Dieu, se ge péusse, Volentiers vostre grâce eusse ; Dès-lors que ou sentier entrasse, Bel-Âcueil de prison getasse ^ Qui léens* est emprisonés :
Ce don, s'il vous plest, me donés.
*Zà dedans.
1 Hichesse.
Bien vous ai, disl-ele, entendu; Et sai que n'avés pas vendu Tout vostre bois gros et menu ; Un fol en avés retenu, Et sans fol ne puet nus lions* vivre.
Tant cum il voille Anior ensivre.
Si cuident-il * estre moult sage Tant cum il vivent en tel rage Qu'en ne doit pas apeler vie Tel rage ne tel dcsverie*.
Bien le vous sot Raison noter ; Mes ne vous pot desasoter *.
Sachiés, quant vous ne la créutes , Moult cruelment vous décentes.
Voire ains* que Raison i venist, N'estoil-il riens qui vous tenist; JN'onques puis riens ne me prisastes Dès-lors que par amors amastes; Qu'amans* ne me vuelent prisier, Ains s'esforcent d'amenuisier* Mes biens, quant ge les lor départ*, Et les regietent d'autre part.
Où déable porroit-l'en prendre Ce qu'uns amans vodroit despendre *.^ Fuies de ci, lessiés m'ester*.
*]Vul homme.
* Et ils croient.
* Folie,
* Guérir de sottise.
* rr aiment quand.
* Car amants,
* Am4>indrir,
* Distribue.
* Dépenser, *Laissez'moi en repos.
V Amant.
Ge qui n'i poi riens conquester*, Dolens* m'en parti sans demore**.
La bêle 0* son ami demore.
Qui bien iert* vestus et parés.
Pensis m'en vois* tous esgarés Par le jardin délicieus
* ^^oi qui n'y pus rien gagner.
* Chagrin. ** Retard.