LES AMOUKS DE JACQUES
commença à parler d'un ton d'autorité qui ne permettait guère les répliques; mais qu'importait? n'étais-je pas venu pour écouter le jugement qu'il allait rendre ?
Il fut mêlé, ce jugement, de choses agréables et d'autres désagréables, d'éloges et de critiques. Sans doute j'aurais dû accepter ces éloges avec béatitude et me soumettre à ces critiques. Mais il n'en fut rien, et je ne trouvai pas les uns plus justes que les autres : évidemment nous avions une façon absolument opposée de comprendre le roman. Je le lui dis. Il ne se fâcha point et en quelques mots il m'expliqua très clairement en homme qui répète des idées cent fois exprimées, ce qu'il voulait pour sa Revue; comme c'était précisément l'opposé de ce que moi-même je voulais pour mes romans, je compris que nous ne pourrions jamais nous entendre et partis avec mon manuscrit.
Il semblait que nos relations devaient en rester là ; cependant elles reprirent quelques années plus tard ; à propos de Madame Obernin, je dirai comment et à quoi elles aboutirent.