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put elle-même se mettre en route, la petite fille ne fut pas du vovage. On la laissa prudemment dans le pays où elle était née, en des mains d'ailleurs bien choisies. La Béjard, nous en aurons d'autres preuves, n'était pas mauvaise mère. «Armande, dit l'auteur de la Fameuse Comédienne, a passé sa plus tendre jeunesse en Languedoc, chez une dame d'un rang distingué dans la province. î)
A la fin de 1644, la Béjard est à Paris, tâchant de reprendre sur M. de Modène un empire un peu affaibli par l'absence. En attendant, il faut vivre. Que fait-elle? Nous l'avons dit, elle joint sa troupe à celle de Molière qui déjà, sans doute, l'avait connue et aimée avant qu'elle partit de Paris, vers 1641 ^
En faisant société avec ces comédiens de famille, en devenant la perle de cet Illustre théâtre où l'on joue sans déroger, elle ne dérogera pas elle-même, et ne fera rien qui puisse la rendre indigne d'un retour d'amour de la part de M. de Modène, et de protection de la
I. Cet amour, comme nous l'avons dit 'p. ietii\ décida peut-être de sa vocation. C'est l'avis de Talle mant (t. VII, p. 177) et celui de Bayle : « Il ne se fit comédien, dit-il, que pour être auprès d'une comédienne, » qu'il aimait.