‹ Le Roman de MolièreChapitre 44 sur 88 · I. Histoire de Muliàre, 3'édit., p · texte numérisé non relu

I. Histoire de Muliàre, 3'édit., p

sapantes, illustrés de quelques-unes de ces variantes et de ces corrections à l'aide desquelles Molière savait si bien perfectionner sa propre perfection ', peut-être aussi quelques scènes de cette comédie des Philosophes ou de cette autre, V Ambitieux, qu'il ébauchait, dit-on, quand il mourut. Que n'espère-t-on pas retrouver, quand on n'a plus même les moyens de chercher ?

Lors même qu'on ne ressaisirait que quelques-unes des nombreuses farces, jouées par

r . Une copie de la tirade de Cléante, à l'acte I, de Tartuffe, permet de juger de ces corrections de Molière sur lui-même. Elle se trouve à la Bibliothèque imp., Résidu Saint -Germain j paq. iv, n' 6, et vient de chez M°" de Sablé, où Molière lut sans doute sa pièce dans le temps où il en faisait des lectures, ne pouvant en donner des représentations. \'oici quelques-unes des variantes :

Imprimé :

Les vrais braves sont ceux qui font beaucoup de bruit. Manuscrit : qui mènent plus de bruit.

Imprimé :

A prix de faux clins d'yeux et d'élans affectés. Manuscrit : et d'hélas affectés.

Imprimé :

Les intérêts du ciel plus qu'il ne veut lui-même. Manuscrit : * . . . au delà de lui-même.

— i35 — Molière dans les provinces et à Paris pendant les premières années de son séjour, on s'estimerait encore fort heureux.

On a remis la main sur deux de ces bouffonneries : la Jalousie du Ba?'bouillé et le Médecin isolant, perdues jusqu'au jour où J.-B. Rousseau écrivit à Brossette * qu'il en avait une copie; reperdues jusqu'en 1819 ' où Desoer les fit enfin connaître dans une édition à petit nombre. Les archives d'une de nos villes du Midi possèdent aussi, dit-on, « une petite comédie de Molière intitulée le Barbon 7nédecin, dont le manuscrit porterait nonseulement sa signature , mais serait même tout entier de sa main. C'est quelque chose, si cela est, ce dont je doute, car après une annonce faite il y a sept ans sur cette découverte ', rien n'a paru. Qu'on publie, et nous verrons s'il faut croire. En attendant, pour cette farce perdue comme pour les autres, nous en sommes toujours au regret.

1. V. ses lettres des 12 et 17 septembre ijSi et du 21 décembre 1732.

2. Elles ont reparu dans l'édition d'A. Martin, 1S45, in-8'.— Le Médecin volant fut joué en mars i833, à la Comédie-Française, pour le bénétice de Saint-Aulaire. V. le Temps du 25 mars i833.

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