Tallemant (édit. P. Paris, t. III, p. 222) dit posi
et, comme il le suivit dans ses dernières études, Molière, toujours curieux, dut en sa compagnie se frotter d'un peu de savoir médical. Ses pièces le prouvent de reste. A la fin de sa vie, quand il se sentit de plus en plus souffrant, il reprit peut-être pour se soigner lui-même tout ce que son esprit avait gardé de ce savoir. On connaît ses préoccupations inquiètes et ses curiosités de malade, à ces moments-là. Comme ces gens qui n'ont pas de religion, mais qui sont superstitieux, Molière, qui n'avait pas foi dans la science officielle, croyait à celle des empiriques. Aussi Chalussay ne doit-il pas nous tromper quand il nous le fait voir, dans sa comédie d^Elomire hypocondre, s'adressant à Barrv, à FOrviétan, à un empirique du village de Sennelay, en Bourgogne, et leur demandant à tous un peu de force qu'aucun ne lui rendit ^
Les livres qui sont le codex de ces charlatans, et qui ont l'avantage de pouvoir être
tivement que Chapelle avait étudié pour être médecin. I . Élomire, acte II , scène vi, et acte IV, scène i. Molière n'était pas toujours rebelle aux médecins. Un jour, pris d'une de ces oppressions qui étaient son mal, il se fit saigner jusqu'à quatre fois. {Mercure 1673, t. IV, p. 180). Relativement, il se moqua de la saignée bien moins que du reste.
— i63 — interrogés en cachette, ne s'étaient-ils pas glissés furtivement dans sa bibliothèque? N'avait-il pas, par exemple, l'Ecole de Salerne, les traités de Dioscoride, les Secrets d'Alexis Piémontois, et quelques autres de même sorte ? L'inventaire nous l'apprendra.
Le plus regrettable de ses livres, si tant est qu'il ait existé, comme on l'avait assuré à l'abbé Dubos ^, est celui sur lequel « il avoit imaginé des notes pour marquer les tons qu'il devoit prendre en récitant ses rôles. »
On aurait ainsi mieux qu'un livre, on ressaisirait une des plus précieuses parties de son art, la seule qui n'ait pu être immortelle.
Les portraits de Molière doivent naturellement figurer au premier rang des choses que nous appelons ses reliques.
Le plus célèbre et le plus vrai est celui qui est au Louvre et qu'on attribue à Mignard, grand et vigoureux peintre, cette fois, autant qu'excellent ami. Sa touche, souvent indécise
I, RéJIex. histor. sur la poésie et la peinture.
et molle^ est ici chaude et hardie; le visage y a bien sa physionomie mobile et pensive tout ensemble;, l'œil toute sa flamme, la bouche toute sa franchise.
Molière, dans un passage de son poëme du Val de Grdce^ dont l'amitié elle-même ne justifie pas toute l'exagération, égale Mignard à Raphaël. Cet incroyable éloge n'est un peu vrai que pour ce portrait. C'est une merveille... c( Il illumine la petite salle où il est comme une flamme, dit M. Michelet \.. La vigueur mâle y est incomparable avec un grand fond de bonté, de loyauté, d'honneur. Rien de plus franc ni de plus net... L'intensité de vie qui est dans cet œil noir absorbe... On en sent la chaleur, elle brûle à dix pas. »
Ici Mignard, si toutefois ce portrait est de lui , a peint Molière encore jeune et tout enflammé ; sur un autre que possédait M. Alexandre Lenoir, et dont l'attribution est moins douteuse, il l'a représenté vieilli et plus morne, mais sans être éteint. L'œil est plus triste, mais brûle encore-.
M. Dargaud en possède un, dont l'auteur