‹ Le Roman de MolièreChapitre 61 sur 88 · ALIS · texte numérisé non relu

ALIS

Oui, monsieur : comme c'est im sermon qu'il y fait, De peur qu'on en doutast, il s'est fait peindre en chaise,

LE MAR(iVIS.

Point, c'est qu'estant assis on est plus à son aise. Plus je le vois, et plus je le trouve bien fait. Ma foy, je ris encor quand je vois ce portrait.

Achetez donc cette première édition de l'Ecole des Femmes, et ne vous faites faute, autant que vous les trouverez, de toutes les éditions originales de ses autres comédies. Il semble que Molière y vit mieux tout entier : il les soigna, il les caressa paternellement, il en revit les épreuves, et la trace de sa plume s'y

retrouve par l'orthographe, souvent étrange. Bien mieux, il s'en fit quelquefois le vendeur, ainsi qu'on en a la preuve ici : aPsiché (sic), tragédie-ballet, par J. B. P. Molière, et se vend chez l'auteur, à Paris, 1671. »

On a beaucoup parlé de la mort de Molière, du deuil sincère de ses camarades, des larmes feintes de sa veuve^ du mandement proscripteur dont l'archevêque de Paris frappa son cercueil; mais ce qu'on a toujours oublié de rappeler, c'est que la douleur vraie des amis de Molière trouva sa consécration dans une médaille qui, en même temps qu'elle était un touchant hommage de l'amitié, vengeait le poëte des excommunications de l'Église.

L'une de ces médailles funéraires, devenues si rares qu'on n'en soupçonnait même plus l'existence, fut retrouvée à Lyon d'une façon bien étrange. Devinez où ? dans une église, au fond d'une bourse de quêteuse.

La Replie du Lyonnais, du mois d'avril 1 844, raconte ainsi cette singulière trouvaille :

et A Tune des quêtes faites le jeudi saint... il a été donné, comme un sou, une médaille en bronze représentant, d'un côté, le buste de Molière, avec cette légende : J. B. Po. de Molière, et, de l'autre, un tombeau sur lequel on lit : Poète et Comédien, m, en 1673. Une renommée est au pied de ce tumulus. D'une main elle tient une trompette, et de l'autre elle s'appuie sur un globe terrestre.

<c Cette médaille, que nous croyons fort rare, nous semble appartenir par son exécution au siècle de Louis XIV. Nous ignorons à quelle occasion elle a pu être frappée, et nous appelons sur cette trouvaille l'attention des numismates. »

A Paris, on commença par douter ; la médaille passa pour un puff dts journaux lyonnais. Mais les numismatistes , répondant bientôt à l'appel que ce doute public faisait à leur science, fouillèrent dans leurs collections et de nouveaux exemplaires de la précieuse médaille vinrent prouver que la mort de Molière avait été accueillie à Paris autrement que parles proscriptions de l'Eglise et par les épigrammes des mauvais poètes ^

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