‹ Le Roman de MolièreChapitre 62 sur 88 · I. V. \q Moniteur de 1844, p. 1,01 5 et i · texte numérisé non relu

I. V. \q Moniteur de 1844, p. 1,01 5 et i

A ce souvenir de la mort de Molière, il faudrait, comme contraste, tâcher de joindre quelque souvenir de sa naissance, rechercher quelque reste de sa maison natale, au coin des rues Saint-Honoré et des Vieilles-Etuves K

Ce futlongtemps facile; le débris à conserver n'était pas seulement précieux pour les dévots de Molière, mais pour les curieux des choses du moyen âge. C'était une longue poutre sculptée, semblable à celle qu'on voit encore au coin de la rue Saint-Denis et de la rue des Prêcheurs. Co. coteau cornier, pour lui donner son vrai nom, partait de la base du premier étage et montait jusqu'au toit. On y vovait de jeunes singes jouant dans les branches d'un pommier dont ils faisaient tomber les fruits sur le doyen de la bande. Trop vieux pour grimper, il était resté en bas, et sous la grêle de pommes que faisaient pleuvoir les picoreurs, il avait le profit de la vendange sans en avoir la fatigue. N'était-ce pas un curieux apologue en bois sculpté, bien digne de servir d'enseigne à la maison natale du grand observateur, qui mettant à profit tout ce qui tombait pour lui des conversations et des jeux d'esprit

1. Notre ]ï\Te Molière au théâtre et che:{ lui donnera les détails les plus complets sur c^tte maison.

du monde, ne fit souvent à sa manière que ce que faisait le vieux singe ? On a cependant laissé perdre le vieux poteau cornier. Au mois de nivôse an X ^, quand la maison fut détruite, on le recueillit et il fut porté au musée des Petits-Augustins. Il se perdit où on avait voulu qu'il se conservât. Lorsqu'au mois de janvier 1828, Beffara voulut le voir et le faire dessiner, on lui répondit « qu'il avait été détruit et employé dans les bâtiments ^. » Maintenant, pour s'en faire une idée, il faut recourir à la gravure du tableau de Vincent sur le président Mole. La vieille maison est représentée au fond. Il faut relire aussi la fable de La Mothe, les Singes ou le Pouvoir électif^. C'est le poteau-enseigne qui en inspira le sujet.

1. ^'. le Mùuitcur du 12 nivcsc an X, p. 410 ; la Décade philosophique, t. XXXII, p. 52, et Blanvillain, le Pariseiim ou Tableau actuel de Paris, 1802, in-12,

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