TYBERT ET LES DEUX PRÊTRES
— jamais vous ne laisserez rien du vôtre. Partageons-la, je le veux bien. Mais comment la partagerons-nous ?
— Hé ! bien ! voilà ! Nous ferons estimer la peau, vous l'aurez pour votre bonnet et vous m'en paierez la moitié.
— Mieux encore ! Nous allons au Synode ensemble ; en route il nous faudra manger et coucher à l’auberge. Je ‘paierai pour nous deux, je païerai tout, et vous me laisserez toute la peau.
— J'y consens, dit Turgis.
— Bon ! Mais qui prendra le chat ?
— Celui qui doit en avoir la peau. Je vous laisse la peau, je ne mêle pas d'attraper la bête.
— Alors, dit Rufrangiers, elle sera bientôt à moi.
. I s’approcha de la croix. Il ne put atteindre Tybert, son palefroi était trop petit. Il se mit debout sur la selle.
Tybert se hérissa, cracha et lui jeta ses griffes au visage. Le pauvre prêtre eut peur et tomba à la renverse. Peu s’en fallut qu’il ne s’ouvrit la tête sur le pavé. | >
Tybert sauta sur la selle, à sa place, et le cheval effrayé partit au grand galop. Traversant champs et labours, il alla droit à la maison et rentra à son écurie, renversant, dans la. cour, la femme du prêtre, qui coupait du petit bois et qui ne l'avait pas vu venir. |
La femme n'eut pas grand mal, mais grand peur quand elle vit Tybert accroupi sur la selle, à la place où aurait dû être son Seigneur.
Elle crut que c'était le diable.