LES CHAMPS-ÉLYSÉES
On était au commencement du printemps, et dans les boudoirs fermés par d’épais rideaux, les rayons du soleil pénétraient aussi, hardis et curieux, disant aux belles dames enfoncées dans la paresse de leurs divans profonds : Allons, Madame, par grâce quittez votre retraite et livrez votre beau visage pâli par les fatigues des nuits de plaisir aux baisers caressants de la brise nouvelle : venez apprendre à l’univers comment on s’habillera cette année ; venez, Madame, que l’on vous voie. Il est au bois, dans Jes allées verdissantes, un cavalier qui guette, impatient, le moment où vous passerez devant lui dans votre rapide équipage, et où il pourra voir flotter pendant une seconde la plume de votre chapeau, ou luire un de vos sourires sous la blonde de votre voile,