STEM. A
Et chez les riches, et chez les pauvres, chez les vieux et chez les jeunes, c’était grande liesse en voyant ce solennel et resplendissant début de la saison pacifique.
Ce jour-là donc le printemps faisait son entrée dans la ville, et tout Paris s’était porté au-devant de lui dans la grande avenue des Champs-Élysées. J’entends par tout Paris cette partie de la population parisienne qui ne se lève jamais avant raidi, et se couche rarement avant deux heures, population paresseuse, élégante, aristocratique, qui peut à son gré, et sur l’heure, faire une réalité des fantaisies qui éclosent à chaque instant au milieu de son oisiveté; heureux privilégiés qui trouvent les roses les plus parfumées écloses sous les neiges de l’hiver, et qui pourraient acheter le soleil, s’il était à vendre. Pour ce monde-là surtout l’arrivée du printemps était une fête, et il était couru au-devant sur cette belle route de l’Étoile, la grande voie Appienne où marchaient jadis les légions victorieuses, aux victoires desquelles on a élevé le triomphal monument où les fils vont lire avec orgueil les noms paternels.
Il était trois heures de l’après-midi. Deux longues files de voitures suivaient, comme à Longchamp, les bas côtés de l’avenue, et au milieu, comme un sentier d’honneur abandonné aux princes de l’opulence, couraient les équipages armoriés, dont les magnifiques attelages faisaient l’admiration des piétons et l’envie de ceux-là qui se promenaient dans de modestes carrosses de louage. Les contre-allées étaient encombrées d’une grande foule qui se croisait en tous sens. Vue de la place de la Concorde, dont les fontaines jaillissantes lançaient une pluie diaman-
STELLA
tée, cette immense perspective, peuplée d’une foule immense, offrait un spectacle inouï de diversité et de mouvement.
Dans une des contre-allées, à la hauteur du Rond-Point, deux jeunes gens qui cheminaient à pied restaient arrêtés comme pour mieux jouir du coup d’œil.
L’un d’eux, le plus jeune, paraissait faible et malade, et semblait s’appuyer sur le bras de son compagnon ; celui-ci, qui était un peu plus âgé, avait le cigare à la bouche, le monocle à l’oeil, était mis avec une certaine excentricité, et mettait à tout moment la main à son chapeau pour saluer ou répondre aux saluts qui lui étaient adressés par les nombreuses connaissances qui passaient à chaque instant devant lui.
— Ah çà ! mon cher Laurent, lui dit son compagnon, vous connaissez donc tout le monde?
— C’est une des nécessités de mon état, mon ami, répondit le jeune homme, en soulevant de nouveau son chapeau et en s’inclinant à demi devant un personnage décoré d’un ordre étranger, qui venait dépasser près de lui.
— Quel est ce monsieur? demanda le jeune homme.
— Ce monsieur, dit Laurent, est un savant étranger, à la science surtout. Il signe dans une revue d’architecture des travaux d’archéologie qu’il me paye, à moi, cent francs la feuille, et que je copie très-gravement dans des bouquins achetés trois sous pièce sur les quais. Grâce à ces travaux, il a acquis un certain nom parmi les ignorants; et un livre qu’il a publié dernièrement sur les anciens monuments de la Suède lui a valu la décoration de
STELLA
ce royaume. La manie de ce brave homme m’a déjà rapporté un millier d’écus et voilà pourquoi je lui ai fait un salut à 43 degrés de politesse: c’est, au reste, tout ce qu’on doit à la décoration de Suède. Mais, mon cher Tristan, dit Laurent à son compagnon, qui l’avait écouté en souriant, comment vous trouvez-vous? Cette course vous a peut-être fatigué, vous paraissez souffrir? Voulezvous que nous prenions une voiture?
— Merci, dit Tristan; je me sens bien : le grand air me donne des forces. Ce mouvement, ce bruit, me distraient malgré moi. Ah ! tenez, c’est une bonne idée que vous avez eue là, de venir m'arracher à ma solitude, où, sans vous, je serais mort d’ennui, autant et plus que de ma maladie.
— La! je vous le disais bien, moi, que cette promenade vous serait salutaire... Seulement, il faut être prudent et ne point trop vous fatiguer aujourd’hui, afin d’être en état de recommencer demain. Si vous voulez m’en croire, nous allons prendre une voiture, nous irons faire un tour au bois, et nous reviendrons dîner. Melpomène, Thalie, Polymnie et les autres Muses, mes persécutrices quotidiennes, me laissent ma soirée libre, je la passerai avec vous.
— Vous ôtes un excellent ami, dit Tristan, mais regardez donc là-bas, dans cette voiture, cette femme en chapeau blanc; elle fait un signe de main, n’est-ce pas à vous qu’elle s’adresse?
— Où cela? dit Laurent en braquant son lorgnon vers l’équipage désigné par Tristan, eh ! parbleu oui, c’est moi qu’on appelle, venez avec moi un instant, mon
STELLA
cher... je vais vous présentera une des plus aimables femmes de Paris... mademoiselle Stella... S’il n’y a pas opéra ce soir, je puis môme vous promettre que nous passerons une délicieuse soirée avec cette aimable personne qui est un Pérou d’esprit, un miracle de beauté, et un trésor de sagesse. Vous allez crier au paradoxe ; mais c'est comme cela.
Malgré lui Tristan s’était laissé entraîner.
— Permettez-moi, Madame, dit Laurent après avoir serré dans la sienne la main que lui tendait la belle artiste, permettez-nqpi de vous présenter un de mes amis,* et soyez assez bonne pour nous accorder une place dans votre voiture ; nous ne pouvons pas causer comme cela au milieu de la chaussée. La jeune femme fit un signe gracieux d’assentiment, et les deux jeunes gens montèrent dans la voilure, qui reprit sa course.
Mademoiselle Stella arrivait d’Angleterre, où elle avait été engagée pour une demi-saison au théâtre de Sa Majesté. Cet engagement avait ôté conclu à un prix trèsfalmleux, et la belle artiste était depuis peu de jours revenue à Paris, rappelée par l’Académie royale de musique. 11 existait depuis longtemps entre elle et Laurent une de ces intimités sympathiques qui se rencontrent souvent dans le monde artistique. Laurent avait été autrefois le voisin de Stella, alors que celle-ci n’était encore qu’une simple coryphée dans le corps de ballet de 10* péra, en môme temps qu’il n’était, lui, qu’un de ces mille obstinés jeunes gens qui demeurent dans un grenier et passent leur temps à faire des sonnets aux étoiles. Le jour où Laurent avait eu son premier article imprimé,
STELLA
Stella avait dansé son premier pas, et ils avaient tous deux presque parallèlement suivi la route ascensionnelle qui, peu à peu, achemine à la réputation, où ils avaient fini par arriver presque ensemble. Aussi était-ce toujours avec plaisir qu'ils se rencontraient pour se parler d’autrefois, de ce bon temps où ils étaient si malheureux, de cette gaie misère qui est la préface de presque tous les artistes qui marchent sous le soleil de la célébrité.
Malgré leur fréquence, jamais les rapports qui existaient entre le journaliste et l’artiste n’avaient dépassé les limites d’une amitié franche et dévouée, et qui avait résisté aux cancans de presse et de coulisse.
Pendant la conversation qui s’était engagée entre Stella et Laurent, Tristan, craignant d’ètre indiscret, avait mis la tête à la portière et regardait les voitures et les cavalcades qui montaient et descendaient l’avenue des Champs- Elysées. Tout à coup, au milieu de la conversation de son ami avec mademoiselle Stella, Tristan entendit prononcer un nom qui le tira subitement de sa distraction, et il prêta dès lors plus d’attention à ce qui se disait près de lui.
— Comment! exclamait mademoiselle Stella avec un geste d étonnement : M. Villerey s’est marié, à son âge î à soixante-dix ans! mais c’est un conte incroyable que vous me laites là, mon cher. J’avais entendu parler de cela à Londres, en effet, mais je n’ajoutais aucune créance à ces rapports, tant la chose paraissait impossible.
— C’est pourtant comme je vous l’ai dit; le comte est marié depuis cinq mois... et cette union semble l'avoir rajeuni de vingt-cinq ans... c’est un jeune homme à
STELLA
l’heure qu’il est; il a mis sa maison sur un pied magnifique, et il a donné cet hiver des fêtes qui ont lutté de somptuosité avec celles des plus grandes maisons des faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré.
— Et sa femme, était-elle jeune?
— Vingt-cinq ans, belle et fière comme une reine ; une créature indomptable, dit-on, qui rend le comte bien malheureux et bien heureux à la fois, car elle a su lui rendre dans toute leur verdeur primitive toutes les passions de la jeunesse.
— Le comte est jaloux de sa femme alors? dit l’actrice.
— Oui, mais il n’a pas lieu de l'être ; je suis sur de la comtesse de ce côté-là, et elle a l’opinion de son côté. Cette femme est, du reste, tout un problème.
Et comme en disant cela Laurent avait par hasard jeté les yeux à travers la portière, il aperçut un superbe équipage magnifiquement attelé, qui sortait de l’allée des Veuves pour entrer dans le Rond-Point : c’était une calèche découverte, conduite en daumont, et dans laquelle se trouvaient deux femmes : l’une, toute jeune encore; l’autre, plus âgée ; elles étaient accompagnées d’un vieillard qui paraissait plein de force et de santé.
— Tenez, ma chère, dit Laurent à Stella, voilà précisément la comtesse de Villerey avec le comte et sa nièce. Regardez...
Au moment où mademoiselle Stella mettait la tête à la portière pour examiner les trois personnes que Laurent venait de lui désigner, Tristan, qui était resté jusque-là silencieux, toucha de la main l’épaule de Laurent, en lui disant ; *
STELLA
— Mon ami, permettez-moi de vous quitter. Madame, ajouta-t-il en se tournant vers l’actrice, qui parut singulièrement étonnée en voyant le visage bouleversé de Tristan, Madame, soyez assez bonne pour faire arrêter votre voiture.
— Êtes-vous malade? dit Laurent.
— Désirez- vous que je vous ramène chez vous? fit Stella.
— Merci, mon ami, continua Tristan avec une impatience contenue par la politesse. Je n’ai rien, absolument rien. Seulement il faut que je descende; je viens d’apercevoir là, dans la foule, quoiqu’un que je cherche depuis longtemps, et que j’ai grand intérêt à rencontrer; cette fois je ne veux pas le manquer.
Et comme le -coupé s’était arrêté, Tristan descendit en faisant un rapide salut à mademoiselle Stella, et en serrant la main de Laurent, qui ne put obtenir de lui d’autre explication.
— Ah çàl mais, qu’est-ce qu’il lui prend à votre ami? dit l’artiste en voyant Tristan qui s’était mis à descendre la chaussée en courant à toutes jambes.
— Je ne sais, répondit Laurent; au reste, cela ne me surprend pas de sa part. . . C’est le plus drôle de corps que je connaisse. Seulement j’ai peut-être eu tort de ne pas l’accompagner. 11 relève de maladie, et il est encore très-faible. Si je croyais le rejoindre, je courrais après lui.
— Il est trop tard, répondit Stella. On ne l’aperçoit déjà plus. C’est singulier. Mais l’envie de nous quitter lui a pris juste au moment où nous nous sommes croisés avec la calèche du comte de Villerey. J’ai même cru
STELLA
m’apercevoir qu’il avait échangé un regard avec le comte, et je ne sais pas pourquoi j’ai dans l’idée que c’est après sa voiture qu’il a couru.
— Pure illusion, dit Laurent; il ne connaît ni le comte ni personne de sa famille; c’est un garçon qui n’a jamais été dans le monde, et qui même ne peut pas le souffrir. Je ne sais pas pourquoi, car il est fort discret dans ses confidences.
— Où l'avez-vous connu, et depuis quand êtes-vous liés? demanda l’artiste, dont Tristan avait excité la curiosité. Je ne vous avais jamais vus ensemble avant mon départ pour Londres.
— En effet, à cette époque, nous ne nous connaissions pas, et notre liaison date de votre départ pour l’Angleterre. Elle a même été contractée dans des circonstances assez bizarres.
— Contez-moi cela.
— Figurez-vous qu’il y a environ six mois, j’étais se. crétaire d’un député qui habitait alors une villa de Passy. Un jour que j'avais passé la nuit pour lui préparer un discours, qu’il devait prononcer le lendemain, ayant affaire à Paris de grand matin, j’avais quitté Passy à cinq heures, et je traversais le bois de Boulogne en ruminant un scénario de comédie, car je songeais alors à combler par des bénéfices dramatiques les pertes que m’avait causées le lansquenet. Je suivais un de ces sentiers de traverse qui relient entre elles les grandes routes du bois, lorsque je crus apercevoir derrière les feuilles des buissons une forme humaine; et comme je m’avançais avec
récipitation, très-inquiet de savoir ce qu’un homme
STELLA
pouvait faire en bras de chemise à cinq heures du matin dans le bois de Boulogne, je m’aperçus, à temps lieureusement, que cet inconnu matinal était venu chercher l’ombre des bois ou les lueurs de l’aurore pour mettre fin à ses jours.
Malgré le déplorable état de ses vêtements, je vis sur-le. champ que j!avais affaire à un homme distingué. Cet intelligent visage, cette jeunesse qui venait résolument dire adieu à la part du bonheur que la Providence ne voulait pas lui compter m’émurent profondément. Aussi , au moment où le jeune homme achevait ses préparatifs funèbres, en murmurant tout bas quelques paroles où revenait souvent un nom de femme, je sortis du taillis, derrière lequel je m’étais caché pour l’observer, et je m’élançai vers lui en lui arrachant des mains l’arme meurtrière que, pour surcroît de précaution, je déchargeai en l’air.
L’inconnu, ou Tristan, car c’était lui, demeura comme immobilisé par la surprise, et me regarda avec deux grands yeux fatigués et pleins de larmes.
— Allons, dit-il, comme se parlant à lui-même, ce sera pour une autre fois.
— Oh! Monsieur, lui dis-je, je n’ai pas l’honneur d’être connu de vous, mais je serais bien heureux si je pouvais trouver tout d’abord quelques paroles qui pussent me faire écouter et m’attirer votre confiance. Mais, avant tout, jurez-moi que vous renoncerez à votre sinistre projet.
— Vous m’avez empêché, pour aujourd’hui, de le mettre à exécution, me répondit-il ; et d’ailleurs, qui
STELLA
sait... si j’aurais ou lo courage d’accomplir cet acte qui aurait assuré ma tranquillité? Car voilà huit jours... Et Tristan acheva mentalement son idée. Je compris, par ce qu’il en avait laissé échapper, qu’il avait plusieurs fois songé à mourir, et que le courage lui avait manqué. Peu à pou, cependant, Tristan se calma, et, comme ces enfants qui ont le sourire à côté dos larmes, il me parla bientôt dans un langage qui, cela était facile à comprendre, prenait sa source dans une nouvelle espérance qui venait subitement d’éclore après sa grande crise de désespoir.
— Vous devez me trouver bien ridicule , Monsieur, me dit-il, en me montrant le pistolet déchargé qui était à terre. Il m’eût été facile d’accomplir ma résolution, et je me suis laissé désarmer bien facilement... En vérité, on eût dit que je vous attendais.... et si vous saviez.... si vous saviez combien je suis malheureux, combien je souffre.
Et il accompagna ces paroles d’un geste désespéré.
Je compris que Tristan était sur le bord d’une confidence, et qu’il me serait facile d’avoir le secret de ce désespoir en employant le moyen diplomatique des consolations, qui réussit toujours près de ceux qui souffrent réellement, et mieux encore près de ceux qui croient souffrir. Je parvins à le décider à venir avec moi à Paris, et il y consentit. s
Au bout d’une heure nous arrivions chez lui, car il avait refusé de m’accompagner chez moi. Je remis à un autre jour l’affaire que j’avais à terminer, et, excité par la curiosité autant que par la sympathie naissante que je ressentais pour lui, je consentis à le suivre à son loge-
STELLA
mont. Oh! ma chère, vous souvenez-vous de nos mansardes d’autrefois, que nous trouvions si hautes, si sombres et si pauvres?... eh bien! ce seraient de petits palais en comparaison de l’affreux grenier où logeait ce pauvre diable. Jamais la misère ne s’était montrée sous un aspect plus lamentable, et je me sentis le cœur serré quand il m’ouvrit la porte.
Oubliant qu'il avait un étranger près de lui, en rentrant dans cette chambre qu’il avait quittée dans l’intention de n’y plus revenir, Tristan fut pris d’une violente émotion.
Il ressentait cette singulière et indéfinissable ivresse qu’on éprouve alors qu’on vient d'échapper à un danger qu’on avait volontairement cherché. Sans me parler, il courut ouvrir un meuble duquel il tira un objet que je ne pus distinguer, et qu’il porta plusieurs fois à ses lèvres, en riant et en pleurant tout à la fois. Quand il fut un peu remis, il s’assit sur le rebord de son lit, un grabat, et m’indiqua l’unique chaise qu’il possédait.
— A quoi bon en avoir davantage ? me dit-il avec un triste sourire, je suis toujours seul.
Alors il me raconta longuement son histoire, s’arrêtant sur les détails qui lui rappelaient d’heureux souvenirs. C’était quelque chose de bien simple, de bien vulgaire, que cette histoire, formée des choses les plus belles et les plus douloureuses de la vie, l’amour et la poésie. Quanta sa position misérable, il relusa de s’expliquer nettement à ce sujet; mais, au milieu des réticences de son récit, je compris que cette misère n’était pas absolue, et qu’il ne tenait qu'à lui d’en sortir, sans doute au
STELLA. 79
prix de quelque sacrifice d’amour-propre auquel sa fierté ne voulait pas se résoudre.
Pour tâcher d’entrer plus avant encore dans sa confiance, je caressai sa vanité de poëte en le priant de me lire de ses vers. Il se fit un peu prier, puis à la fin il consentit à me les montrer. Ils étaient la plupart fort mauvais.
Mais en sentant combien était profond et sincère le sentiment qui les avait inspirés, je lui fis des compliments qui le firent sourire légèrement, surtout quand il sut mon nom, qu’il avait peut-être vu plusieurs fois au bas de quelques articles de critique où j’attaquais précisément le genre de poésie qui était le sien... Enfin, après lui avoir, comme on dit, remonté le moral, je le quittai , promettant de revenir le voir, ce que je fis le soir même.
Depuis ce temps-là, nous nous voyons tous les jours. Je suis parvenu à vaincre ses susceptibilités d’amour-propre et à lui faire accepter mes services. Dernièrement il a fait une longue maladie à la suite d’une grande crise morale dont j’ai jusqu’ici ignoré l’origine; mais, à force de soins, on l’a rappelé à la vie : c’était aujourd’hui sa première sortie, et je ne suis pas sans inquiétude, car il n’est pas bien robuste. Enfin, j’espère qu’il ne lui sera pas arrivé d’accident.
Au moment où Laurent, prononçait ces paroles, un grand bruit se fit entendre; et Laurent, qui venait de passer la tête à la portière de la voiture, redescendue à l’entrée des Champs -Élysées, aperçut au milieu d’un groupe le corps d’un homme renversé.
— Ah! mon Dieu! s’écria le jeune homme, regardez donc, Stella !
Ils venaient de reconnaître Tristan.