CHŒUR DES ANGES
Gloire à Dieu au plus haut des cieux !
l'amant, d'une voix terrible.
A mon secours ! maîtresse, à moi !
SAINT PIERRE
Avez-vous entendu ce cri de douleur, mes enfants ? Quelque damné qu'on torture ? Pauvres, pauvres gens!
l'amant.
Maîtresse, maîtresse, à moi !
saint pierre, aux âmes du Paradis.
Je crois, chères mies, qu'on appelle l'une de vous.
l'amant.
Marie, Marie, chère femme !
SAINT PIERRE
Décidément, c'est quelqu'un qui appelle ! Harpes d'or et chœurs célestes, faites silence !
L AMANT
Marie, c'est moi qui t'appelle, c'est moi, c'est ton ami, c'est ton maître.
saint fierre, à la maîtresse.
Mademoiselle Marie, on a prononcé votre nom par là-bas ; regardez, en vous penchant par-dessus ce nuage, ce qu'on peut vous vouloir.
la maîtresse, penchée sur V enfer.
Qui m'appelle?
Ah ! je savais bien que tu me répondrais ; ils disaient que tu m'avais oublié ; ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? Reste, reste longtemps ainsi, que je contemple ton aimable et doux visage.
saint pierre, à la maîtresse.
Vous connaissez donc ce pauvre homme, chère came.
LA MAITRESSE
Mais non, grand saint Pierre, je vous assure que non.
DU PAKAD1S.
SAINT-PIERRE
Cherchez, ma mie, cherchez bien.
LA MAITRESSE
Eh ! non ! Je n'ai jamais connu cette face noirâtre où le péché vilain est écrit, ces yeux brûlés, ces paupières roussies, ces membres calcinés et noirs de suie ; où voulez vous que je les aie connus?
L AMANT
Oui, je te comprends, lu cherches à venir me rejoindre, ou à m'attirer vers toi. Oh ! comme nous allons nous étreindre, et quel bonheur de continuer dans la mort nos belles amours de la vie !