‹ Le roman du Chaperon-RougeChapitre 25 sur 59 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

corne-de-boeuf, s' approchant de l'adjudant qui se promène de long en large.

Est-ce vrai ce qui se dit dans le quartier, mon adjudant?

l'adjudant.

Savoir ce qui se dit dans le quartier, dragon ?

CORNE-DE-BOEUF

On prétend que nous avons un nouveau trompette?

m L'AMOUR-TROMPETTE.

l'adjudant.

Très- vrai.

CORNE-DE-BOEUF

Un trompette qui n'est pas comme tous les trompettes du monde.

l'adjudant.

Subtil.

CORNE-DE-BOEUF

Je veux dire qu'il n'a pas la taille d'an dragon bleu, pas même celle d'un homme...

l'adjudant.

Exact.

CORNE-DE-BOEUF

Révérence parlé, à quoi nous servira ce bout d'homme, mon adjudant?

l'adjudant.

Pas mon affaire.

CORNE-DE- BŒUF

Savez-vous à qui nous devons un pareil cadeau, mon adjudant ?

l'adjudant.

Au colonel .

CORNE -DE-BOEUF

Et croyez-vous, mon adjudant...

l'adjudant.

Suffit ! (// reprend sa marche.)

corne-de-boeuf, se mêlant aux groupes de soldats.

Adjudant peu causeur ; impossible de lui arracher deux mots de suite. — Et vous, madame Piston, savezvous quelque chose sur le nouveau trompette ?

LA PISTON

Il est venu prendre deux ratafias a la cantine, sur le coup de trois heures, à preuve que j'ai dû me laisser embrasser un brin, pour avoir la paix...

venterbicb, indigné.

Tarteifle!

le trompette, tombant au milieu d'eux.

Messieurs, je suis votre serviteur !

LA PISTON

Le voilà ! c'est lui !

Madame Piston, permettez que je vous fasse mes baise-mains.

LA. PISTON

Est-il gentil, hein !

CORNE-DE-BŒUF

Ça, de quel pays sortez-vous, jeune homme ? Quel est le terroir qui pousse des gaillards de votre taille ?

COEUR-AU- VENTRE

D'honneur, c'est humiliant pour le régiment !

CORNE-DE-BOEUF

Nous le mettrons dans nos poches , les jours de marche forcée.

Messieurs les dragons, je vous en conjure, ne vous escrimez pas contre un papillon ; je ne suis point assez fort pour vous rendre \os coups, mais j'ai la bourse assez bien garnie pour vous offrir quelques taffias avant la retraite.

CŒUR-AU-VENTRE

Pour ce qui est de l'éducation, il m'a l'air assez au courant de la chose.

yenterbich, tendant son verre.

la, bas maufais, tarteifle !

le trompette, à V adjudant qui s'est approché.

Oserai-je vous offrir, mon adjudant? Allons, gros père, décidons- nous.

l'adjudant.

Trompette, huit heures, sonnez.

le trompette, vidant son verre.

Ah ! oui, la retraite, je l'avais oubliée.

l'adjudant.

Dragons, à vos rangs; sonnez l'appel, petit homme.

le trompette, sonnant.

Tara ta ta, ra ta ta. [Agitation dans les rangs.)

l'adjudant.

Eh bien! eh bien! qu'arrive-t-il?

COR.NE-DE-BOEUF, à part.

Je ne sais ce qui m'a passé dans le dos, un singulier frisson, tout de même.

coeur-au-ventre, à part.

Morbleu! j'ai par le corps un tas de choses qui me

glissent...

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