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Le roman du Renard

Lorsque naguère le nioyen~àge, ses institutions et sa littérature prirent faveur en Europe, un des premiers ouvrages de cette époque qui attira l'attention, fut le roman du Renard, qui avait excité la verve de tant de conteurs, amusé nos pères pendant plus de deux siècles, et dont des extraits inexacts et incomplets traînent jusqu'à ce jour sur les quais pour l'usage du peuple.

On recourut aux divers manuscrits de ce poème si célèbre, on en tira plusieurs historiettes, et, le goût pour cet ouvrage s'étant accru, Méon donna enfin une édition,

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soigneusement collationnée, de toutes les branches du Renard.

Cependant, ce livre sans éclaircissemens ni observalions, d'un prix élevé et écrit dans une langue aujourd'hui incomprise du plus grand nombre, tout en pouvant être considéré comme l'œuvre d'un savant, ne mettait encore nullement les plaisantes aventures de maître Renard dans le domaine public. Beaucoup de personnes parlaient ou entendaient parler de ce roman; un bien petit nombre l'avaient lu. Il méritait néanmoins d'être plus répandu; car, comme l'a dit un célèbre auteur allemand, on y trouve plus d'explications sur divers points des mœurs, des usages, des lois et coutumes du moyenâge, qu'on ne s'y attendrait dans un livre de cette nature.

M. Willems ayant édité, par ordre du gouvernement belge, un ancien texte, d'après un très-ancien manuscrit flamand, acheté à la vente du célèbre bibliophile Héber, et l'ayant enrichi d'une quantité de notes intéressantes et curieuses, nous avons entrepris de donner une traduction de ce travail d'un de nos plus habiles philologues. Afin qu'il présentât un ensemble plus complet, nous y avons joint l'analyse de ce que plusieurs auteurs français ont écrit sur les romans du Renard, ainsi que le précis de ces poèmes. Par cette addition, l'on aura, dans le volume que nous publions , un résumé destiné à toutes

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les classes, de ce qui concerne ces recils amusans et satiriques qui ont joui de tant de réputation, et dans lesquels ont puisé les conteurs de presque toutes les nations.

Octave Delepierre.

Bruges, le le' janvier 1837.

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