‹ Le roman en France pendant le XIXe siècleChapitre 26 sur 93 · T3 UN ISOLE · texte numérisé non relu

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lèges a dû semer dans les âmes des jeunes gens de son temps, des rébellions qui onl dû nalire dans les cœun pétris do vanité et d'envie, des aspirants à la fortune aussi bien qu'à la gloire.

L'abbesse de Castro nous oftre autre chose, de romancier s'essouffle à peindre les effets que, d'après lui. produirait l'amour passionné, s'il existait. Il a prétendu fixer le Hdtcule que ferait naître cet amour aux yeux du monde. Heureusement, il n'existe pas.

La Chartreuse de Parme a des attaches avec le roman exotique et doit sa supériorité à la grande connaissance que Stendhal avait dk l'Italie. Le roman est deveau célèbre surtout par la mise en œuvre de ['amour-passion et de la cristaîlisaiioii, dont l'auteur avait développé la théorie dans son livre de l'/imour. « V amour-passion, dit-il, est une maladie, quelque chose de tout à fait â part, comme la cristallisation dans le règne minéral. > Ce mal est, au dire de Stendhal, inconnu en France. -On ne l'observe qu'en Italie.

I,a Chartreuse a plus de qualités littéraires que Le Bouge et le Noir ; les défauts habituels de l'auteur y sont moins marqués : le style est moins haché ; la psychologie plus vraie, plus simple. Aussi ce roman présente-t-il moins d'alambiqué, de parti pris et de prétention. Malgré sa prolixité, on y lit avec charme des descriptions délicieuses.

Sans doute, Stendhal lient dans la Nouvelle une place originale et presque unique. Mais il est davantage encore un esprit critique et un analyste moral qu'un faiseur de romans. Les siens, fort décousus, sont toujours conçus

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dans le même moule, d'après des jugemenls à priori ; ses héros incarnent des idées plus paradoxales que judicieuses. Ce sont des sensilifs, sans aucun but élevé, des mécanismes ingénieux et adroits, mais malgré tout animés d'une vie factice. L'auteur se perçoit derrière eux, tirant lem's ficelles et les voulant (entiers* cl i violenls ». Au surplus^ ne sont-ils jamais sympathiques, puisqu'ils ne représentent que les passions les plus déplaisant«s, l'ambition, l'envie, j l'orgueil. '

Quant au style de Stendhal, de fréquentes retouches le faisaient lomber dans l'obscurité : la préoccupation qui hantait le styliste, d'écrire autrement que son voisîii, l'amenait à l'afTeclalion, tout en lui permettant d'éviter la vulgarité. Il reste donc un artiste médiocre, malgré la 6nesse et le mordant de son fringant esprit. Dans l'évolution dont nous nous occupons, il avait droit à une place â part. Par delà Chateaubriand, M"" de Staël, Rousseau, il s' appa rejiie, comme B, Consiaul, aux « hommes d'esprit » du xviLL ', siècle... aux Chamfor-t, Rulhiëre, etc. Ses romans ouvrirent des voies, éveillèrent des idées, sans avoir beaucoup d'imitateurs et sans creuser de sillon.

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