Sa maladie n'est pas spéciliée
les demoiselles qui passent. Lancelot voudrait y aller, mais il apprend que le corps d'un ^seul chevalier ne suffit pas : la présence de la demoiselle est indispensable. Un chevalier de la Petite-Bretagne arrive ; on parle de Tristan : Lancelot dit du mal de lui et se déclare son ennemi ; le chevalier, qui s'ap- Lancelot se dépelle Sup{p)inable ^ , retourne dans son pays et raconte cela Se^Trisuinf"^ à Tristan.
Tristan comprend que Lancelot le hait parce qu'il a épousé Iseut aux blanches mains et abandonné Tautre Iseut. Cependant, sa femme est toujours vierge et ne se doute de rien : c'est en son honneur, croit- elle, que Tristan compose ce grand nombre de motets et de chansonnettes, où revient à chaque instant le nom d*Iseut.
60. La messagère d'Iseut lui apporte la réponse - de Guenièvre à sa lettre, qui la console beaucoup. Puis elle envoie Brangain porter une lettre à Tristan pour le faire revenir en Gornouaille.
61. Larnorat, ayant quitté le chevalier qu'il avait chargé de remettre le cor à la cour du roi Marc, retourne en Grande- Bretagne, mais une tempête le jette sur la côte du Norgales •* : des pécheurs le sauvent, au dernier moment, de la mort dans les flots. Il se trouve à l'extrémité de Norgales, devant
Vlsle au Géant, dans le pays du Servage, dont l'étroite entrée, Lamorataupays qui ne donne accès qu'à un homme à la fois, est fermée par ^^ Servage, un château où habitent des géants qui n'admettent que des
1 . Ici commenco (P 39 , après une première partie en italien qui raconte des aventures de Giiiron 1«.» courtois) le ms. 12599. — Le nom du chevalier est Pinabel dans 750, 12599, 103; Supinades d. 104. (SupynaM, les autres; J. Maugiu : Nicoran).
2. La lettre commence ainsi : A vos, madame Yselt^ roine de Gornouaille, si bone [dame 334) et si bêle et si gracieuse de toutes choses, etc.
3. Ainsi tous les mss., sauf 750 et 12599, qui passent à Lamorat, comme les autres, après la lettre d'Iseut, mais en disant : Or dit H contes que quant Lamorat se fu partiz de Delinant l'orguellex en tel manière corn ge vos ai devisé ça aricres, et il fu entrez en la nef avec li homes Belignant, H marinier qui laienz estoient et qui moût désiraient qu'il eussent acompli le comandement de lor seingnor et qu'il eussent amené Lamorat en la Grant Bretaigne, ensint com lor seignor lor avoit comandé, — ils font naufrage ; ])uis il y a accord. Gomme les autres mss. parlent du sacriQce qu'a fait Delinant pour Lamorat (v. § 66), il est probable que le séjour de Lam. chez Bel. a été raconté par 750 et 12599 après l'envoi du cor et sauté par les autres (cf. § 47).
cbevaliei'S désarmés, ot on celui qui entre est emprisonaéà Nttbon. jamais. Lcchef (]ccesg6inls, I\'abo>i(var. Nabor)\eaou; a peupli sa vallée des étrangère (ju'il retient. Un des chevaliers de la Tabli Konde était venu, mais Nabon l'avait ci-ucllenient tué. Lamorat demande à la pOcheuse ijui lui raconte tout cela le nom d( ce cbevalier : c'était son cousin, Guivrct le petit '. Lamorat w propose de le venger. H prie les pécheurs de le délivrer, maii ils ne peuvent pas; on ne peut sortir, mémo par mer, les parages étant entourés des montagnes dites du Port perilletix, 011 sont postés de nonibi'oux gardes, chargés de défendre la sortie à cjui que ce soit. Lamorat reste donc chez lef pêcheurs. — Nabon fait mander tout le monde, sous peine d« mort, à son château de Glat'. où son fils sera armé chevalier; Lamorat y va avec les autres {(" 89).
C2. Trist^m entre un jour avec Iseut et Kahedin dans uo hateau qu'il avait fait en vue de son voyage en Cornouaîlle ; ilsont l'intention de se promener un peu sur mer. Cependant, tous ti-ois s'endormeut au boni de quelcjue temps, et le bateau, allant à la dérive, échoue sur une roche. Iseut se blesse au débarquement. Ils gravissent la roche et voient, au pied, une vaste et l>elle plaine, environnée de montagnes et dominée Arrivée de Tria- !'*•■ "" château, qui s'élève parmi des viles ^. C'est le pays du tnnauScrvugt: Servage. Ils descendent, et trouvent dans la plaine Segnrad« Kuht'din. ' avec une demoiselle et un écuyer. II leur dit que personne ne peut sortir île ces lieux. « J'ai éié, dit-il, en taisant un jeu dt mol, Il sur (iSV.'/Hrades) jusiju'ù mon arrivée ici ; Si partir de ce moment, je suis cours, » et il témoigne sa joie de voir Tristan dans cotte position : le voihi |>unidu tort qu'il lui a fait. Tristan lui reproche son peu dr courage. Il rappelle la victoire, remportée par lui-môtne sur le Murhout et promet de délîvrei
1, ('.(■ jjiTsiiimagt' l'sl. mculiotim' uiissi [iliis Uiiii (vuy. ci-dessQUs]. cl, dans |ilusifiirsmss., smis iiciiiuU'i' imiii. Vuici les formes (In ]iri>inii'n' rsl ci'lli' nui SI- lii il i-v jiiissfitîiM'i 1 : Guifirt ; Guignd [Guiennor] 75fi. Mmciw. Miiiiwii 750. Mfnun (liis) lï.^'J'J. .V«int»n (bis) 335, 759, 103. Meni'in (liisj les imiirimés, Trissii», .Vmen. Menun lOS, iVtf{a)no»: Xiinnor :t:n, Nyav'tn: Lienur '.17, ti)-.', Niatton; Liiruii 100; Guivret; Vietmur ll'.l, '.'i. — Li- surruun l'sl |iiirl.iin : le petit, <'XCi>]iti; liaiis fW, un liiTiiiiT |i;issLif;c : Vii^nuiir /c piloui.
■J. (lait ml : ''(■ l'Estaul 7."iO; 'k t'Estaiie lih'JU.
3. Cbaitiaiis et bours el vitcx 331, UT, KUI, lO'^. ChtKtiaus et viltt ;t:i5. t:.'.I ; loi, VUks r-t pruy» d bi,û iU.i. ~ i:>{), 12r.!)'J «'ulciDciit : lin rliAiiMii ilaiis une [il;ii|]c cluse <!'■ imiiiliigtics. Dans ci's iloux mss. Trisiaii jiuiiilf au sutniin'l il<- hi mclii' liml seul avaul d'y conduire lex auiri'n.
'^ main blanche qui lient une épée nue — à la cour d'Arthur c
d'inviter les compagnons de la Table Bonde, en les saluant d la part du chevalier amoureux, à lui succéder en se rendao aux Destroiz de SoreloySy par devers Norgales : s'ils peuveE accomplir Taventure de Técu, ils acquerront beaucoup d '-■ gloire. — Aucun des chevaliers n*ose s'en charger; 1
t lignée de Ban n'est pas présente. Le roi, très ennuyé, s
décide à aller lui-même, quand Brunor lui demande un don c'est de s'en charger ; le roi se dit bien qu'il est trop jeune mais il lui a déjà accordé son don (P 105). La demoisell trouve ce choix ridicule, car l'aventure donnerait assez faire à Lancelot lui-môme ; elle ne veut pas de ce chevalie nouveau et s'en va brusquement. Brunor dit adieu ai roi, qui tâche vainement de le retenir; ses deux écuyers lu apportent ses armes; au lieu de son écu, il prend celui qu la demoiselle a laissé et part. Le roi s'écrie : a Hal sei gnors chevaliers^ deceu somes, Nostre chevaliers se part d noi4^, et encore ne savons noiw rien de son nom *. Un cheva lier court après le valet, et lui dit que le roi regrette de n lui avoir pas demandé son nom pendant qu'il était chez lui Brunor répond qu'il veut garder le nom que Keu lui a donné jusqu'à ce que sa douleur et sa tristesse soient tournées ei joie. Arthur ne veut pourtant pas l'appeler valets car il a sai bien qu'il sera bon chevalier ^ ».
Brunor la suit. 69. Brunor rejoint la demoiselle, qui le reçoit fort mal
elle lui reproche durement sa jeunesse et le prie de retournei mais il continue à la suivre. Apparaît Daguenet ^^ le fou d roi Arthur; on s'amusait souvent à l'armer et à le laisser pai tir en aventures; il haïssait les chevaliers de Gornouaille e croyait en combattre partout. Brunor l'abat de cheval, nature lemcnt sans le connaître : là-dessus la demoiselle le gabe infi niment. On rencontre ensuite un chevalier blessé ; son nai
i. Aussi 750, i2599, 103, dans lesquels lo roi s'est cependai déjà fait dire le nom de Brunor (v. § 67) ; 756 et 334 donnent la mém exclamation, mais il la motiv(»nt en disant que le roi ne se rappell plus ce nom ; de même les autres, sauf 335, 99 et 100, où rcxclamî tion est toute naturelle, puisque dans ces mss. le roi n'a pas demand le nom. (Lacune dans 759.)
'2. Il semble donc que les mss. dans lesquels le roi ne demande pa le nom du valet aient raison.