Le roman expérimental
Cîaq de ces éludes ont d'abord paru, traduites en russe, dans le Messager de l'Europe^ une revue de Saint-Pétersbourg. Les deux autres *. Du roman et De la critique, ne sont que des recueils et des classements d'articles, publiés dans le Bien public et dans le Voltaire.
Qu'il me soit permis de témoigner publiquement toute ma gratitude à la grande nation qui a bien voulu m'accueillir et m'adopter, au moment où pas un journal, à Paris, ne m'acceptait et ne tolérait ma bataille littéraire. La Russie, dans une de mes terribles heures de gêne et de iécouragement, m'a rendu toute ma foi, toute ma force, en me donnant une trilDune et un public, le plus lettré, le plus passionné des publics. C'est ainsi qu'elle m'a fait, en critique, ce que je suis m.aintenant. Je ne puis en parler sans
émotion et je lui en garderai une éternelle reconnaissance.
Ce sont donc ici des articles de combat, des manifestes, si l'on veut, écrits dans la fougue même de l'idée, sans aucun raffinement de rhétorique. Ils devaient passer par une traduction, ce qui m.'enlevait toute préoccupation de la forme. Ma première idée était de les récrire, avant de les publier en France. Mais, en les relisant, j'ai compris que je devais les laisser avec leurs négligences, avec le jet de leur style de géomètre, sous peine de les défigurer. Les voilà -donc, tels qu'ils me sont revenus, encombrés de répétitions, lâchés souvent, ayant trop de simplicité dans l'allure et trop de sécheresse dans le raisonnement. Des doutes me prennent, peut-être trouvera-t-on là mes meilleures pages; car je suis plein de honte, lorsque je pense à l'énorme tas de rhétorique romantique, que j'ai déjà derrière moi.