Roman comique, !'• partie, ch. v
LB ROMAjr RÉALISTC. 19
chose ^)), et pour les femmes, du moins pour les jeuties, cette incommodité particulière d'être persécutées dans les coulisses par une nuée de « galants à toute outrance» qui les assassinent de déclarations et de compliments, serrent et baisent leurs mains, s'émancipent parfois à des privautés plus hardies, et qu'il faut subir cependant, parce que l'intérêt de la troupe le commande 2. La Caverne a raison de dire que « la vie comique n'est pas si heureuse qu'elle le paraît '*» ; mais Scarron n'a pas tort non plus de rappeler que ses tristesses sont ccmpensées par les illusions qu'elle entretient : n'en est-ce pas une, et des plus douces, que « d'être quelquefois empereurs et impératrices et être appelés beaux comme le jour, quand il s'en faut plus de la moitié * » ?
Cette image qu'a tracée Scarron d'une troupe de campagne est assez complète et elle n'est pas trop flattée. Quelques-uns de ses personnages font évi-demment grand honneur à la profession : mais on nous laisse bien entendre que leurs mérites sont assez exceptionnels. M"^ de l'Étoile est « fort sage », mais elle est fille de condition, et nous pouvons prévoir qu'elle ne restera pas dans le métier. Pour La Caverne et Angélique, qui sont, elles, enfants de la balle, leur moralité est également inattaquable ; mais nous sommes avertis que l'on ne pourrait en dire autant de toutes, qu'à l'ordinaire, du moins aux yeux du monde, les actrices sont moins char-