l'e partie, ch. viii
gées de vertu « que de vieille broderie et de fard ^ ». Scarron affirme « que les comédiennes, outre qu'elles étaient fort belles, étaient capables de dire autre chose que des vers appris par cœur ^ ; que Destin avait «une parfaite connaissance de la véritable honnêteté», qu'il était capable de causer sur tous les sujets « comme un homme fort éclairé et qui savait bien son monde» ; mais il ajoute que c'est une surprise pour le sage La Garoufflère de rencontrer de telles qualités en des comédiens, « de qui Tesprit a ordinairement de plus étroites limites que la mémoire», et surtout en des comédiens de campagne 3. Il a eu soin de donner à ces personnages de choix des compagnons insignifiants, comme L'Olive, où même suspects, comme La Rancune, «nullement homme d'honneur» et qu'on accuse d'un amour immodéré pour le bien d'autrui *.
Il semble donc bien qu'ici il a été un témoin équitable. Il avait pour les comédiens une sympathie particulière: «j'aime cette nation», dit-il quelque part ^ ; il n'a pas été fâché de montrer, comme Gougenot, que la vie comique était autre chose « qu'un libertinage, une licence au vice, à l'oisiveté et au dérèglement » ; mais il s'est gardé de tomber dans le panégyrique, comme avait fait Corneille, par exemple, à la fin de Vlllusion^ comme fera plus tard d'Assoucy, parlant, il est vrai, des compagnons de Molière et le cœur débordant encore de reconnaissance ®. Il fait voir les bons et les mauvais côtés d'une profession qui s'était d'ail-