‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 147 sur 188 · Les Aventures, ch. ix · texte numérisé non relu

Les Aventures, ch. ix

leurs, depuis vingt ans, sensiblement relevée, surtout depuis la célèbre déclaration de 1641, où Louis XIII commandait qu'elle ne pût être imputée à blâme ni préjudicier à la réputation de personne dans le commerce public ^. Lorsqu'il représentera à son tour «Tordre vagabond des comédiens de campagne », Tauteur du Capitaine Fracasse peindra avec une autre richesse de palette les dehors colorés de leur vie, mais il manquera à cette reconstitution historique, comme on Ta très bien remarqué *, un peu d'âme, et cela ne manque pas chez Scarron.

N'oublions pas enfin que, sur ce fond de vérité générale, quelques figures se détachent avec un certain relief.

On ne saurait parler du caractère dé Ragotin, puisque, grotesque outré, il est spécialement réduit à la fonction de plastron ou de victime. Cependant, avec assez d'adresse, Scarron a pris soin d'associer en lui une série de défauts qui attirent sur lui les infortunes et justifient dans une certaine mesure les méchants tours qu'on lui fait : ses prétentions obstinées et agressives écartent de lui toutes les sympathies, et l'on ne peut plaindre un homme qui a trop bonne opinion de lui pour être sensible au ridicule.

Destin a des héros de roman la perfection trop achevée : il est trop brave, il a trop de bonne grâce. Par certains côtés pourtant il sort de la convention : on a plaisir à voir ce bel amoureux se jeter dans les mêlées avec une ardeur juvénile, faire des « prouesses à coups de poing » ; on a plaisir à

1. « De nos jours, remarque Scarron lui-même, on a rendu en quelque façon justice à leur profession, et on les estime plus que Ton ne faisait autrefois. » (/?. com.y II« partie, ch. viii.)

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