Satire V
100 LE ROxMAN RÉALISTE AU XYII© SIÈCLE.
reaux magnifiques et qu'on a tiré ses Heures « d'un sachet de drap d'or»,
Alors les fols paysans se pressent et se foulent Pour voir de près ces dieux, saisis d'étonnements, Voyant luire et briller ces rouges vêtements Desquels sont habillés ces seconds Mars en terre :
ils oublient que cette couleur de sang ne leur pré sage «que nxalheur et ruine ^».
On voit que de telles protestations ne sont pas le fait d'un bourgeois timide. Et le poète déclare bien haut dans sa Préface que sa voix n'est pas isolée. Ces griefs ont été déjà formulés « depuis plus de six vingts ans en çà, en toutes les célèbres et solennelles assemblées des États généraux de France ». Tout récemment à ces « États naguère tenus à Paris, en l'an 1615 », Robert Miron s'est fait l'écho des mêmes plaintes et des mêmes colères.
Tandis que ces satiriques interprètent surtout les sentiments et les idées politiques de la classe moyenne, c'est un tableau assez varié de ses mœurs et de ses usages que nous offre le recueil des Exercices de ce temps.
Parce qu'il a été une fois imprimé à la suite d'une édition des Satires de Gourval, on a cru pouvoir l'attribuer au médecin de Vire. A la vérité, les deux ouvrages ne se ressemblent en rien, et, comme ils sont à peu près contemporains 2, oji ne peut même pas supposer que l'auteur aurait changé de manière. Quelle vraisemblance, d'ailleurs, que Gourval n'ait pas signé les Exercices, s'ils étaient de lui, alors qu'il publiait sous son nom les Satires, beaucoup plus hardies ?