Satire IV
promenades en «chars dorés», avec une nuée de laquais pour « hausser et baisser portières», friands repas, plaisirs pour tous les sens :
A l'œil les beaux tableaux et meubles précieux, A r oreille les luths et chants harmonieux, Au nez l'ambre et le musc avec les eaux muscates, Au gosier les bon vins et sauces délicates, A la main le toucher chatouilleux de Cypris.
En face de ce luxe et de ces joies, Timage du peuple « chargé et désolé »,
seul destiné; ainsi qu'un bouc puant, A être offert pour tous en humble sacrifice ^.
Quand il s'en prenait ainsi à des parvenus, uni* versellement détestés, Courval Sonnet pouvait se sentir soutenu par une approbation à peu près gé»nérale. Mais sa satire porte plus haut : avec une audace qu'on ne reverra plus de longtemps, il attaque la hiérarchie sociale çlle-même, les privilèges des seigneurs, le droit qu41s ont d'exiger de leurs vassaux, déjà pliant sous le faisj, des taxes, des corvées, des redevances. Il montre le vassal pâlissant devant eux.
Comme un pauvre forçat aux lois de son comité, frappé, s'il se plaint,
Dç aent poups de bAtoa ou du plat de la lame.
Le dimanche, lorsque le fier gentilhoi^me va prendre sa pfaç^ h l'église, près du maître autel, avec son cortège de pages, de laquaig, de soldats d'estafiers, lorsqu'on a jeté sous ses pieds des car-