ans parler des imitations
108 LE ROMAN RÉALISTE AU XVll^ SIECLE.
inentière de la rue de la Vieille-Monnaie, une parfumeuse de la rue Saint-Sauveur.
Sur les usages du temps elles nous apprennent peu : ce sont pour elles choses familières* qui ne méritent pas l'attention ; elles ne parlent qu'ineidemment de la foire du lendit ou des badauds attirés sur le Pont-Neuf par les charlatans Mondor et Desiderio Descombes. Mais les événements de toute nature sont annoncés et commentés comme par une gazette.
On examine la situation politique et on la trouve assez rassurante : « Les rebelles ne furent jamais si malmenés, Montauban est aux abois, La Rochelle enclose est fermée par mer et par terre ^ » ; seul le comte de Mansfeld pourrait causer quelque inquiétude : il a passé la Meuse et il est « grand capitaine pour un Allemand ^ ». On critique les personnages en vue : M. de Rohan, qui n'aime guère à se trouver dans les mêlées, M. de la Force qui s'est enfin soumis^ mais en « attrapant de bon argent ^ ». On se demande quel est le favori du jour : « Le marquis d'Ancre est tombé : Luynes a pris sa place ;Luynes est tombé ; maintenant on ne fait plus rien que par l'avis de M. le prince de Condé^. »
De là on passe à la chronique locale. L'on s'occupe des travaux de voirie, qui n'avancent guère, et particulièrement du Pont-au-Double, qui ne s'achèvera jamais, car les entrepreneurs se moquent du Parlement et du public. On s'intéresse à la révolte des Gordeliers, qui refusent d'aller pieds nus. Les couvents de Carmes et de Carmélites ont